Cour d'Appel de Monaco, 5 décembre 2017, n° 16543
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 05 décembre 2017, n° 16543 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le président et administrateur de la société anonyme monégasque UNITED OVERSEAS MANAGEMENT CORPORATION (UOMC), M. LA-MI., a encaissé le 6 novembre 2007 un chèque de 450.000 euros tiré sur le compte de la société. Il le rattachait à une indemnité d'administrateur de 800.000 euros votée, selon lui, par l'assemblée générale du 21 juin 2007.
La société UOMC l'a assigné en restitution. Le tribunal de première instance a sursis à statuer dans l'attente de l'issue d'une information judiciaire pénale, laquelle s'est achevée par une ordonnance de non-lieu confirmée par la chambre du conseil. La société UNITED OVERSEAS TRANSPORTS AND TRADING CORPORATION (UOTT), actionnaire, est intervenue volontairement devant le tribunal.
Par jugement du 20 septembre 2016, le tribunal a reçu l'intervention de la société UOTT, mais a débouté les sociétés UOMC et UOTT de leurs demandes d'annulation de l'assemblée, de restitution et de dommages-intérêts. Il a par ailleurs condamné la société UOMC à 2.500 euros de dommages-intérêts envers M. LA-MI. Les deux sociétés ont interjeté appel, et M. LA-MI. a formé appel incident.
En appel, les sociétés demandaient, à titre principal, l'annulation de l'assemblée pour inexistence et pour dol, et, à titre subsidiaire, son annulation sur le fondement de la loi n° 408 du 20 janvier 1945 et de plusieurs ordonnances souveraines. Elles sollicitaient également la production du scellé annexé au rapport de la direction de la Sûreté Publique. M. LA-MI. soulevait l'irrecevabilité de l'intervention et de l'appel de la société UOTT, ainsi que celle de la demande de production de scellé.
Question de droit
La Cour d'appel devait trancher plusieurs questions :
- Des irrégularités de création documentaire, relevées par l'expert, suffisent-elles à établir l'inexistence de l'assemblée générale ?
- Une assemblée générale, ou ses délibérations, peut-elle être annulée pour dol au sens de l'article 971 du Code civil ?
- La société UOTT, dont la représentation à l'assemblée est contestée, dispose-t-elle de la qualité pour agir en justice, et son intervention est-elle recevable ?
- Les irrégularités alléguées au regard de la loi n° 408 du 20 janvier 1945 (convocation, mise à disposition des documents, mentions du bilan) emportent-elles la nullité de l'assemblée ?
Solution et dispositif
La Cour infirme le jugement en ce qu'il a reçu l'intervention volontaire de la société UOTT, et déclare irrecevables cette intervention et son appel. Elle reçoit la demande de production du scellé, mais la rejette. Elle confirme le rejet de l'action en annulation de l'assemblée du 21 juin 2007 et de la demande de restitution, en ce qu'elle est fondée sur l'inexistence de l'assemblée, les manœuvres frauduleuses et l'absence de représentation de la société UOTT. Elle rejette également la demande subsidiaire fondée sur la loi n° 408. Enfin, elle infirme la condamnation de la société UOMC à 2.500 euros de dommages-intérêts et rejette les demandes réciproques de dommages-intérêts pour procédure abusive.
Le dispositif est reproduit ci-après :
« Infirme le jugement en ce qu