Cour d'Appel de Monaco, 30 avril 2019, n° 18095
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 30 avril 2019, n° 18095 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le 19 juin 2015, M. G., employé comme serveur par la SARL C, dont l'assureur-loi est la SA A, est victime d'un accident survenu lors d'un trajet. Il présente une contusion de l'épaule gauche et du gril costal gauche.
Par ordonnance du 18 avril 2016, le juge chargé des accidents du travail désigne le Docteur T. en qualité d'expert, avec pour mission de déterminer si la consolidation est acquise et, le cas échéant, de fixer les séquelles définitives. Dans son rapport, l'expert conclut que l'intéressé « ne peut être considéré comme consolidé à ce jour », que l'incapacité temporaire est toujours en cours et que les soins demeurent en cours. Il précise que le taux d'incapacité permanente partielle et l'incidence professionnelle ne pourront être déterminés qu'après la consolidation. La SA A refuse la conciliation, et l'affaire est renvoyée devant le Tribunal de première instance.
Par jugement du 17 mai 2018, le tribunal :
- met hors de cause la SARL C, la SA B et la SAM D ;
- homologue le rapport d'expertise, sauf en ce qu'il retient que la consolidation n'est pas acquise ;
- fixe la date de consolidation au 18 mai 2016, date de reprise du travail ;
- renvoie l'affaire devant le juge des accidents du travail ;
- condamne M. G. aux dépens.
Le tribunal retient qu'aucun traitement n'a été mis en place depuis la reprise du travail et qu'aucun soin n'est en cours, de sorte que la consolidation doit être regardée comme acquise, l'état de santé n'étant plus susceptible d'amélioration.
M. G. interjette appel. Il demande l'homologation intégrale du rapport d'expertise. Il soutient que son état s'est dégradé (capsulite, tendinopathies, pathologie complexe de l'épaule et de la clavicule gauches) et que cette évolution résulte de l'accident. Il invoque une intervention chirurgicale du 8 août 2017 sur la clavicule et le biceps, suivie de séances de kinésithérapie, ainsi qu'un certificat du Docteur P. du 24 janvier 2018 faisant état d'une récupération partielle des amplitudes. Il relève également que des indemnités journalières lui ont été versées du 8 avril 2016 au 2 mai 2018 et qu'il n'a été déclaré apte que le 7 juin 2018.
La SA A conclut à la confirmation du jugement. Elle fait valoir que la consolidation est acquise lorsque les soins curatifs cessent, ce qui serait le cas après l'IRM pratiquée le 24 février 2016, et que les cert