Cour d'Appel de Monaco, 24 novembre 2020, n° 19425
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 24 novembre 2020, n° 19425 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par acte sous seing privé du 5 octobre 2006, le bailleur, dont les droits ont été repris par Madame p. M., a donné à bail commercial à la société N, devenue la SARL G, un local portant les numéros 39, 40 et 41 à la résidence « X4 », à Monaco. Ce local était exploité comme restaurant.
Par acte du 27 mai 2015, la bailleresse a fait délivrer un congé sans offre de renouvellement, avec offre d'indemnité d'éviction, à effet au 31 août 2015. La Commission arbitrale des loyers commerciaux a été saisie le 24 septembre 2015 aux fins de désignation d'un expert et de fixation de l'indemnité. La non-conciliation a été constatée le 21 octobre 2015. La locataire a, de son côté, demandé la fixation de l'indemnité à 3 518 000 euros et, à titre subsidiaire, une expertise.
Par jugement du 11 octobre 2017, la Commission a condamné la bailleresse à verser 3 000 000 euros à la locataire et a débouté les parties du surplus. La bailleresse a interjeté appel le 24 novembre 2017. Par arrêt avant dire droit du 28 septembre 2018, la Cour d'appel a réformé le jugement, ordonné une expertise et confié la mission à M. c. BO., les frais étant avancés par l'appelante.
L'expert a déposé son rapport au greffe le 13 décembre 2019. Il a retenu une valeur du fonds de commerce de 2 500 000 euros et deux indemnités alternatives : 2 637 000 euros en cas de fermeture définitive du restaurant, et 2 870 000 euros en cas de réinstallation dans un autre local. La décision indique par ailleurs que le rapport est daté du 12 décembre 2019 dans les motifs, ce que la présente fiche relève sans que cette divergence affecte la solution.
La locataire a conclu à la confirmation du jugement de première instance, en soutenant que l'écart avec le rapport était faible. La bailleresse a demandé une fixation à 1 285 634 euros, à titre subsidiaire à 2 543 600 euros, et, à titre plus subsidiaire, à 2 585 000 euros.
Question de droit
La question posée à la Cour était double. Il s'agissait d'abord de déterminer, en application de l'article 9 de la loi n° 490 du 24 novembre 1948, comment chiffrer l'indemnité d'éviction lorsque l'éviction entraîne la perte du fonds de commerce, et si l'hypothèse d'une réinstallation doit être retenue. Il s'agissait ensuite de savoir si la perte d'une terrasse-véranda, occupée sans titre puis restituée, devait conduire à minorer la valeur du fonds.
Le texte de l'article 9, tel que reproduit dans les motifs, dispose que l'indemnité d'é