Cour d'Appel de Monaco, 20 avril 2021, n° 19771
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 20 avril 2021, n° 19771 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par testament authentique établi à Monaco le 3 août 2010, p. S. a légué à son épouse, p. H. veuve S., l'usufruit des immeubles sis à Monaco, la nue-propriété étant recueillie par ses deux filles issues d'une précédente union, f. S. et n. S. épouse R. Il a également légué à son épouse l'intégralité de ses biens meubles, « conformément à sa loi nationale sud-africaine à laquelle il entend se soumettre ». Le testateur est décédé à Monaco, lieu de son dernier domicile, le 6 juin 2011.
Les filles du défunt ont assigné leur belle-mère le 22 décembre 2011 aux fins de contestation du testament et de désignation d'un expert. Elles soutenaient que le défunt ne pouvait, au regard du droit international privé monégasque, choisir la loi applicable à sa succession mobilière, et qu'il avait ainsi frauduleusement privé les réservataires de leur part.
La procédure s'est déroulée en plusieurs étapes :
- Jugement mixte du 11 juillet 2013 : le Tribunal de première instance a dit que le défunt « n'avait pas la possibilité de choisir la loi sud-africaine pour la seule partie mobilière de sa succession » et que celle-ci était soumise à la loi monégasque. Il a ordonné une expertise.
- Arrêt du 17 juin 2014 : la Cour d'appel a confirmé l'application de la loi monégasque et précisé que l'expertise ne portait que sur les biens mobiliers.
- Arrêt du 14 octobre 2015 : la Cour de révision a rejeté le pourvoi.
- Rapport d'expertise : déposé en février 2019, après des difficultés ayant donné lieu à deux ordonnances du juge chargé du contrôle des expertises (23 février 2018 et 27 juin 2018), assorties d'astreintes.
- Jugement du 23 janvier 2020 : le Tribunal a déclaré irrecevable la demande de l'épouse tendant à l'application du droit sud-africain, homologué le rapport, condamné l'épouse à rapporter à la succession la somme de 2.473.877 euros avec intérêts, rejeté la demande de recel successoral, liquidé l'astreinte à 144.750 euros et alloué 100.000 euros de dommages-intérêts aux filles.
L'épouse a relevé appel le 30 mars 2020. Les fil