Cour d'Appel de Monaco, 20 avril 2021, n° 19773
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 20 avril 2021, n° 19773 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par acte sous seing privé du 20 septembre 2011, h. M. et s. G. constituent une SARL de droit monégasque, dénommée A, dont h. M. est associée majoritaire et gérante. Le 27 août 2014, s. G. cède à n. T. quarante parts sociales, moyennant 6 000 euros et un apport en compte courant d'associé de 2 000 euros. Le 21 juin 2016, h. M. cède à son tour à n. T. ses soixante parts restantes, pour 9 000 euros. L'acte stipule que le cessionnaire prend en charge l'intégralité du passif et s'interdit « de façon définitive et irrévocable » d'exercer toute action contre la cédante en relation directe ou indirecte avec la cession.
Par assignation du 21 juin 2017, n. T. saisit le Tribunal de première instance. Il soutient que h. M. lui a dissimulé une partie du passif social, de sorte que son consentement aurait été vicié par dol. Il réclame la réparation de son préjudice, que les conclusions d'appel chiffrent à 13 349 euros, tandis que l'assignation mentionnait 11 349 euros, écart que la décision ne relève pas. Le 1er octobre 2018, n. T., devenu associé unique, prononce la dissolution anticipée de la société avec effet au 1er août 2018 et est désigné liquidateur.
Par jugement du 10 octobre 2019, le Tribunal rejette l'ensemble des demandes de n. T., écarte sa demande tendant au rejet de la pièce n° 18, et rejette la demande reconventionnelle de h. M. Il retient à titre principal que rien ne démontre des manœuvres dolosives. n. T. interjette appel le 28 novembre 2019. Il demande l'écartement de la pièce adverse 17/18, la réparation de son préjudice sur le fondement délictuel, subsidiairement la nullité de la cession, et une somme de 7 500 euros pour résistance abusive. h. M. forme appel incident, sollicite 5 000 euros de dommages-intérêts et 3 000 euros pour appel abusif.
Question de droit
La Cour devait trancher deux questions. La première porte sur la recevabilité de la preuve : la pièce 17/18, un courriel du 21 juin 2016 à 11h10, est-elle un faux ? La seconde, au cœur du litige, porte sur le dol : le cessionnaire peut-il obtenir la nullité de la cession, ou la réparation de son préjudice, en invoquant une dissimulation du passif, l'ins