Juridiction monégasque (juge-tutelaire), 03 juillet 2012, n° 27406
Décision commentée : Juridiction monégasque (juge-tutelaire), 03 juillet 2012, n° 27406 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un enfant, né le 27 avril 2011, est issu de l'union libre entre M. g. ME. et Mme n. UL., divorcée ZA. Le couple résidait à Monaco. Par requête du 8 juin 2012, le père a saisi le juge tutélaire aux fins de fixation de la résidence de l'enfant à son domicile, d'exercice conjoint de l'autorité parentale, d'interdiction faite à la mère de quitter le territoire de la Principauté avec l'enfant, d'une mesure d'instruction et de l'exécution provisoire.
Il invoquait des différends relationnels, la mère passant selon lui davantage de temps à l'extérieur du domicile qu'auprès de l'enfant, et produisait un constat d'huissier du 30 mai 2012. Le départ de la mère du domicile conjugal avec l'enfant avait conduit à leur accueil provisoire au foyer de l'enfance Princesse Charlène.
À l'audience du 20 juin 2012, la mère, régulièrement convoquée, n'a pas comparu ; son avocat a sollicité un renvoi, accordé au 2 juillet. Entre-temps, le 16 juin 2012, la mère avait quitté le foyer avec l'enfant, en prétextant une sortie à la plage, pour rejoindre l'Allemagne. Son conseil a confirmé, par courrier du 25 juin, un séjour à Berlin destiné à « récupérer ses effets personnels, voir son fils et organiser son installation provisoire en Principauté ».
À l'audience du 2 juillet 2012, la mère ne comparaissait pas. Son conseil a soulevé, in limine litis, une exception d'incompétence fondée sur les articles 5 et 16 de la Convention de La Haye du 19 octobre 1996, soutenant que la résidence habituelle de l'enfant était à Berlin, et invoquant le droit allemand, lequel n'admettrait pas l'autorité parentale conjointe hors mariage. Le père soutenait la compétence des juridictions monégasques au regard de la nationalité monégasque de l'enfant. L'affaire a été mise en délibéré.
Question de droit
La décision soulève deux questions connexes.
Première question : les juridictions monégasques sont-elles compétentes pour statuer sur la résidence d'un enfant déplacé vers l'Allemagne par l'un de ses parents, alors que la résidence habituelle a été transférée au profit de la nouvelle résidence ? Le juge s'appuie sur l'article 5, § 2, de la Convention de La Haye de 1996, « sous réserve de l'article 7 », lequel dispose que les autorités de l'État de l'ancienne résidence conservent leur compétence en cas de déplacement illicite.
Seconde question : le déplacement de l'enfant par la mère, sans l'accord préalable du père titulaire de l'autorité parentale conjointe, constitue-t-il un déplacement illicite au sens de l'article 7, § 2, de la Convention ? Le juge en déduit la fixation de la résidence habituelle auprès du père et l'ordre de retour de l'enfant.
Solution et dispositif
Sur la compétence, le juge retient que « l'enfant a été déplacé illicitement de son lieu de résidence habituelle », de sorte que « les juridictions monégasques sont bien compétentes ». Il relève que le couple avait, dès ju