Tribunal Correctionnel de Monaco, 12 mars 2013, n° 12068
Décision commentée : Tribunal Correctionnel de Monaco, 12 mars 2013, n° 12068 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le ministère public a poursuivi M. T.I., de nationalité roumaine, pour des violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure à huit jours, commises à Monaco le 26 juillet 2012 sur la personne de K. W. C. Le prévenu était détenu à la maison d'arrêt de Monaco en vertu d'un mandat d'arrêt du juge d'instruction daté du 17 juillet 2012.
Par une première décision, le tribunal correctionnel s'est déclaré incompétent le 27 juillet 2012 pour connaître de cette infraction. Selon le sommaire joint au texte, le tribunal a estimé, en application de l'article 394 du Code de procédure pénale, disposition d'ordre public, que les faits constituaient un crime. Il a en conséquence renvoyé le ministère public à se pourvoir. Cette décision n'a fait l'objet d'aucun recours. La décision commentée ne précise pas les motifs détaillés de ce jugement initial ni la nature exacte des faits qui ont conduit à cette qualification (non précisé dans la décision).
Le 22 février 2013, le juge d'instruction a rendu une ordonnance de requalification et de renvoi devant le tribunal correctionnel. Une citation a ensuite été signifiée le 5 mars 2013. À l'audience du 12 mars 2013, le président a soulevé d'office la question de la saisine du tribunal. Le conseil du prévenu, avocat-stagiaire commis d'office, a par ailleurs sollicité la remise en liberté de son client.
Question de droit
La décision pose deux questions connexes.
La première porte sur la validité de la saisine. Une juridiction correctionnelle qui s'est antérieurement déclarée incompétente, par une décision devenue définitive, pour une infraction qu'elle estime criminelle, peut-elle être à nouveau saisie des mêmes faits par une ordonnance de renvoi du juge d'instruction rendue postérieurement, en l'absence de règlement