Tribunal de Première Instance de Monaco, 22 septembre 2015, n° 13947
Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 22 septembre 2015, n° 13947 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par acte sous seing privé du 25 août 2014, la société anonyme monégasque « A » (ci-après la SAM A) a loué à M. f. AN. un appartement de quatre pièces principales à Monte-Carlo, pour une durée de trois ans à compter du 1er août 2014, moyennant un loyer annuel de 170.000 euros et une provision sur charges de 2.000 euros par trimestre. Par acte du 21 juin 2011, les parties avaient également conclu un contrat de location d'un box de garage (n° 87) pour un loyer annuel de 3.600 euros. Les deux contrats comportaient une clause résolutoire de plein droit, jouant huit jours après un commandement de payer demeuré infructueux.
Un commandement de payer de 71.148 euros ayant été délivré le 11 février 2015, la SAM A a assigné en référé. Par ordonnance rendue par défaut le 18 mars 2015, le juge des référés a constaté la résiliation de plein droit au 20 février 2015 et ordonné l'expulsion. Sur requête, la bailleresse a fait pratiquer, le 20 mars 2015, une saisie conservatoire portant sur une motocyclette stationnée dans le box loué.
Par exploit du 28 avril 2015, la SAM A a assigné M. AN. en validation de la saisie et en paiement. Dans ses dernières écritures, elle sollicitait notamment 68.379,22 euros au titre des loyers, charges et indemnités d'occupation, 15.000 euros de dommages-intérêts pour résistance abusive, la conversion de la saisie en saisie-exécution et la vente aux enchères du véhicule, le tout sous le bénéfice de l'exécution provisoire.
Le défendeur, régulièrement assigné en mairie, n'a pas comparu à l'audience du 9 juillet 2015. Le jugement a été mis en délibéré et prononcé le 22 septembre 2015.
Question de droit
Le litige soulevait plusieurs questions procédurales et substantielles, que le tribunal a traitées successivement :
- Un défendeur qui n'a pas comparu, mais dont la connaissance de l'acte introductif d'instance est établie, peut-il voir le jugement qualifié de contradictoire ?
- Quelle est l'assiette de la créance du bailleur après résiliation d'un bail d'habitation et d'un contrat de box, lorsque le locataire demeure dans les lieux après l'expulsion prononcée en référé ?
- Le maintien dans les lieux après l'ordonnance d'expulsion, combiné à l'absence de diligence procédurale, constitue-t-il une résistance abusive ouvrant droit à réparation ?
- Les conditions de validation et de conversion de la saisie conservatoire sont-elles réunies, et l'exécution provisoire peut-elle être ordonnée ?
Le texte comporte en outre un chapeau doctrinal relatif au droit d'usage et au dro