JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal de Batlles — Contrôle de qualification et de motivation — reformation
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 12 mai 2025 (n° 2000076/2025) par Tribunal de Batlles (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Codi de procediment penal (text refós) (art. 165), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (reformation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal de Batlles consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Codi de procediment penal (text refós) (art. 165) (reformation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
Batllia d'Andorre-la-Vieille, ordonnance pénale, 12 mai 2025 (ROJ : OTBAT 180/2025)
Décision commentée : Batllia, Andorre-la-Vieille, ordonnance pénale n° 2000076/2025, 12 mai 2025, ROJ : OTBAT 180/2025, ECLI:AD:TBATAD:2025:180 (Lire sur source officielle)
Note de méthode : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence retenue ci-dessus est celle qui figure dans le texte de la décision. La date de l'ordonnance est indiquée différemment selon les passages : « 08 de maig del 2025 » dans l'en-tête, « 12/05/2025 » dans les métadonnées et le titre. La présente fiche retient la date du 12 mai 2025, conformément aux métadonnées.
Faits et procédure
Le 18 mai 2024, vers 16 h 45, à Encamp (carrer del Solà), M. Tejada était stationné devant la sortie d'un parking. Des personnes qui transportaient un canapé l'ont interpellé pour qu'il déplace son véhicule. Il l'a déplacé et s'est excusé. Ces personnes ont néanmoins continué à l'insulter et à le harceler, avec une attitude agressive, et ont frappé sa voiture alors qu'il se trouvait à l'intérieur. Après ce coup porté au véhicule, M. Tejada est descendu pour photographier l'impact. Une de ces personnes lui a alors donné un coup de pied dans la poitrine.
M. Tejada a requis les services de police, qui ont identifié l'auteur présumé, M. Galván. Le rapport de police, daté du 17 décembre 2024 (numéro J-3687/24), a été versé à la procédure à la suite de la dénonciation déposée par M. Tejada le 18 mai 2024.
Le Batlle a rendu une ordonnance pénale (Ordenança penal), procédure simplifiée qui permet de statuer sans audience sur une contravention pénale. La décision est signée par le Batlle Manuel Santolària Besolí, assisté de la secrétaire judiciaire. Elle est qualifiée d'« ordonnance » dans les métadonnées et porte sur des « lésions dolosives » (lesions doloses) causées par un coup de pied à un véhicule stationné, le titre retenu étant « Les parts litigants sobre lesion dolosa provocada per un cop de peu a un vehicle estacionat ».
Question de droit
La décision soulève deux questions.
La première porte sur la qualification pénale : les faits décrits sont-ils constitutifs de la contravention de lésions dolosives prévue à l'article 476.2 du Codi penal, et les éléments recueillis suffisent-ils à retenir la responsabilité pénale de l'auteur présumé ? Le juge répond par l'affirmative, en considérant que « els fets esmentats són constitutius de la contravenció penal de lesions doloses, tipificada i penada en l'article 476.2 del Codi penal » et que « el resultat de les diligències practicades és suficient per creure'n responsable penalment a Galván ».
La seconde concerne le régime de la responsabilité civile ex delicto dans le cadre de l'ordonnance pénale. Le juge rappelle, par référence à l'article 94 du Codi penal, que toute personne pénalement responsable d'une infraction l'est aussi civilement lorsque le fait a causé des dommages et préjudices. Il énonce ensuite, en
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Batlles, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VISTES les presents diligències prèvies número XXXX, que foren incoades per una presumpta contravenció penal de lesions doloses, tipificada i penada a l'article 476.2 del Codi penal, contra Galván, subsegüent a l'informe de la Policia de data 17 de desembre del 2024, amb número de correu J-3687/24, a resultes de la denúncia cursada per Tejada, el 18 de maig del 2024. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Batlles devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence OTBAT ANDORRA, a 12 de maig del 2025 - ROJ: OTBAT 180/2025 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal de Batlles consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (reformation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 165) — mentionné sous « article 165 del Codi de procediment penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 163) — mentionné sous « article 163 del Codi de procediment penal »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 94) — mentionné sous « article 94 del Codi penal estableix que tota persona responsable penalment d'una infracció penal ho »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 476.2) — mentionné sous « article 476.2 del Codi penal »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 476.2) — mentionné sous « article 476.2 del Codi penal i que el resultat de les diligències practicades és suficient per creure' »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 238) — mentionné sous « article 238 del Codi de procediment penal »
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal de Batlles procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« RESULTANT que, vers 16h45 del 18 de maig de 2024, mentre que Tejada es trobava estacionat al carrer del Solà d'Encamp, concretament davant de la sortida d'un aparcament, varen sortir unes persones que estaven fent el trasllat d'un sofà i el començaren a increpar, perquè mogués el seu vehicle de lloc. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així ho disposa, mana i signa l'Honorable Batlle juntament amb la infrascrita Secretària Judicial, que en dona fe. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal de Batlles en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Codi de procediment penal (text refós) (art. 165) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 12 mai 2025 par Tribunal de Batlles ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.