JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal de Batlles — Contrôle de qualification et de motivation — reformation
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 20 décembre 2025 (n° 687/2025) par Tribunal de Batlles (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 268.1), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (reformation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal de Batlles consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 268.1) (reformation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
Batllia d'Andorra la Vella, ordonnance pénale, 20 décembre 2025 (OTBAT 766/2025)
Décision commentée : OTBAT 766/2025 (ECLI:AD:TBATAD:2025:766) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le 18 décembre 2025, vers 16 h 27, des agents de la Policia d'Andorre, requis par le central, se rendent place de la Creu Blanca à Escaldes-Engordany à la suite d'un avis relatif à un conducteur en état d'ivresse. Les agents de circulation avaient observé un homme présentant des signes manifestes d'alcoolisation, dont une déambulation erratique, qui se dirigeait vers son véhicule après avoir été averti de ne pas conduire. Le conducteur a néanmoins actionné la marche arrière et déplacé le véhicule d'environ quatre à cinq mètres avant d'être arrêté. Identifié à 16 h 33 comme M. Briones, de nationalité portugaise et né en 1973, il a subi un test d'alcoolémie positif à 16 h 34, indiquant un taux de 1,55 g/l/s, unité telle que reproduite dans le texte.
Le casier judiciaire fait apparaître des « anotacions desfavorables » sans antécédents pénaux. Conformément à l'article 164 du Code de procédure pénale, une consultation préalable a été menée auprès du ministère public et de l'avocat de permanence.
La juge unique, Mme Alexandra Terés Erich, a statué par voie d'ordonnance pénale (ordenança penal), procédure simplifiée applicable aux infractions de moindre gravité, dans le cadre des articles 163 et suivants du Code de procédure pénale. Le dossier est enregistré sous le numéro de recours 687/2025.
Question de droit
La décision soulève deux questions.
Première question : la conduite d'un véhicule automobile avec un taux d'alcoolémie supérieur à 0,8 gramme d'alcool par litre de sang constitue-t-elle, au sens de l'article 268.1 du Code pénal, un délit mineur (delicte menor) dont la commission est établie par les éléments recueillis ? Le juge retient que les faits « són constitutius del delicte menor de conducció de vehicle automòbil amb un grau d'alcoholèmia superior a 0,8 grams d'alcohol per litre de sang », et que les diligences accomplies suffisent à retenir la responsabilité pénale du prévenu.
Seconde question : quelle sanction prononcer, et selon quelles modalités, en l'absence de circonstance modificative de responsabilité ? Le juge fixe la peine « d'acord amb l'article 56 del Codi penal », en l'absence de circonstances aggravantes ou atténuantes, et se réfère aux dispositions des articles
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Batlles, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST els presents autes d'instrucció registrats amb el número XXXX, seguits contra Briones, fill de Gálvez i de Plaza, nascut el 21 de setembre de 1973 a França, Espanya, de nacionalitat portuguesa, amb DNI núm. 10869116i amb domicili al carrer Ciutat de Valls núm. 38, 5è-2a, d'Andorra la Vella o, en relació als següents, »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Batlles devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence OTBAT ANDORRA, a 20 de desembre del 2025 - ROJ: OTBAT 766/2025 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal de Batlles consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (reformation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 268.1) — mentionné sous « art. 268.1 del Codi Penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 165) — mentionné sous « art. 165 del Codi de Procediment Penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 166) — mentionné sous « article 166 ter del Codi de procediment penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 164) — mentionné sous « article 164 del Codi de procediment penal »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 56) — mentionné sous « article 56 del Codi penal »
- Llei 9/2005
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal de Batlles procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« I.- RESULTANT. De l'informe del Servei de Policia número J-7235/25 de data 19 de desembre de 2025 n'apareix en el dia d'ahir vers les 16:27 hores, agents de Policia mentre efectuaven servei de patrulla, van ser requerits pel despatx central per tal de desplaçar-se a la Plaça de la Creu Blanca número 1, d'Escaldes-Engordany, atès que, segons l'avís rebut, els Agents de Circulació d'escaldes-Engordany van controlar a un conductor en estat d'embriaguesa. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Cinquè.- Notificar la present ordenança penal personalment a la persona interessada, assistit de lletrat, amb advertiment que la present resolució és ferma i executòria, llevat que s'hi faci oposició en aquest acte d'acord amb les disposicions de l'article 165 del Codi de procediment penal. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal de Batlles en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 268.1) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 20 décembre 2025 par Tribunal de Batlles ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.