JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — confirmation
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 21 juillet 2008 (n° A020/08) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Codi Administracio (art. 113), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (confirmation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Codi Administracio (art. 113) (confirmation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 160/2008 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, 21 juillet 2008)
Décision commentée : ATSJAD 160/2008, ECLI:AD:TSJADAD:2008:160A, Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Administrativa, Aute du 21 juillet 2008, recours n° A020/08 (Lire sur source officielle). La référence fournie à l'origine étant incomplète, la référence ROJ et l'ECLI ont été relevés dans le texte intégral.
Faits et procédure
Des sociétés (« Vaquero », « Puig i Zapata » et « Coll ») ont contesté la décision du Consell d'Administració de l'organisme désigné dans la décision par l'abréviation « ORG_0 » du 22 mai 2007, qui avait attribué définitivement un marché portant sur l'externalisation d'une partie des opérations du département de systèmes d'information. Elles ont formé un recours de reposición (recours gracieux) contre cette décision. Le silence gardé par l'administration a valu rejet tacite.
Par Aute du 23 janvier 2008, la Sección Administrativa du Tribunal de Batlles a déclaré irrecevable la demande formée devant elle. Il a retenu que la voie administrative n'avait pas été épuisée « en légale forme », les requérantes ayant employé un recours de reposición devant le Consell d'Administració au lieu d'un recours d'alçada devant le Gouvernement, ainsi que l'exige l'article 124 du Code de l'administration. Constatant que l'administration ne avait pas donné au recours la suite prévue, le juge a accordé aux intéressés, sur le fondement de l'article 113 du même code, un nouveau délai de treize jours pour former le recours d'alçada.
Les sociétés ont interjeté appel. Elles soutenaient que l'Aute méconnaissait la jurisprudence de la Sala, notamment les sentences n° 97-50 du 11 décembre 1997 et n° 58-2007 du 14 septembre 2007, selon laquelle la décision rendue sur un recours, qu'il soit de reposición ou d'alçada, épuise la voie administrative, de sorte qu'elle ne peut être rouverte par un nouveau recours administratif. L'organisme intimé s'est opposé à l'appel, en faisant valoir que l'exercice erroné du recours de reposición était imputable aux requérantes et que l'octroi d'un nouveau délai constituait une interprétation « réellement généreuse » du Code.
Le Tribunal supérieur de justice a rejeté l'appel et confirmé intégralement l'Aute attaqué.
Question de droit
La question posée était de savoir si la formation, par un administré, d'un recours de reposición là où la loi ouvrait un recours d'alçada épuise la voie administrative, et si le juge peut, dans cette hypothèse, accorder un nouveau délai pour former le recours approprié. Une question connexe tenait à la limite des pouvoirs de la juridiction d'appel, au regard du principe de prohibition de la *reformatio in pe
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« El Tribunal Superior de Justícia, Sala Administrativa, format pels magistrats esmentats. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 21 de juliol del 2008 - ROJ: ATSJAD 160/2008 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- Codi Administracio (art. 113) — mentionné sous « article 113 del Codi de l'Administració »
- Codi Administracio (art. 124) — mentionné sous « article 124 del Codi de l'Administració »
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« 1r.- El Tribunal de Batlles, Secció Administrativa, mitjançant Aute de 23 de gener de 2008, va declarar inadmissible la demanda formulada per les societats "Vaquero", "Puig i Zapata" i "Coll" contra la desestimació tàcita per silenci administratiu del recurs de reposició interposat contra l'acord del Consell d'Administració del ORG_0 de data 22 de maig de 2007, que va adjudicar definitivament el concurs convocat per a l'externalització de la part d'operacions de l'àrea de producció del departament de Sistemes d'Informació.… »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« En conseqüència, així ho acorden, manen i signen el Tribunal, en dono fe. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Codi Administracio (art. 113) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 21 juillet 2008 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.