JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — cassation partielle
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 27 novembre 2023 (n° A059/23) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 54.3), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (cassation partielle).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 54.3) (cassation partielle), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 279/2023 (Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 27 novembre 2023)
Décision commentée : ATSJAD 279/2023, ECLI:AD:TSJADAD:2023:279A, recours A059/23 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par ordonnance pénale du 5 février 2019, M. Ramirez a été condamné, en qualité d'auteur responsable, pour des délits majeurs de lésions dolosives commises à l'aide d'armes, d'objets ou de moyens dangereux, pour des délits mineurs de mauvais traitements dans le cadre domestique et pour des injures à l'autorité. Il a été condamné à la peine unique de cinq mois d'emprisonnement avec sursis, assortis d'un délai de suspension de deux ans et d'une obligation de ne pas entrer en contact avec la victime pendant deux ans, sur le fondement des articles 62.1 g) et 51 du Code pénal. Cette décision est devenue définitive faute d'opposition des parties.
Par ordonnance pénale du 30 janvier 2023, M. Ramirez a ensuite été condamné pour un délit mineur de vol, commis entre décembre 2020 et janvier 2021, à trois mois d'arrêts nocturnes avec sursis, assortis d'un délai de deux ans.
Saisi d'une demande du Ministère public formulée le 16 mars 2023, le juge d'instruction (Batlle instructora) a, par aute du 16 juin 2023, révoqué totalement le sursis accordé en 2019, ce qui a rendu exécutoires les cinq mois d'emprisonnement, et refusé l'application du décret de grâce collective (indult) du 18 octobre 2019.
M. Ramirez a interjeté appel. Il sollicitait le bénéfice du régime de semi-liberté et, à titre subsidiaire, une révocation partielle de deux mois et quinze jours, convertie en arrêts nocturnes. Il invoquait sa situation personnelle, son repentir et l'atténuation qualifiée de l'article 54.3 du Code pénal, en faisant valoir qu'il était mineur de vingt et un ans à l'expiration du délai de suspension. Le Ministère public s'est opposé au recours en soutenant que les faits nouveaux étaient survenus pendant le délai de suspension, que la réinsertion sociale et professionnelle n'était pas établie, que la substitution d'une peine révoquée n'était pas prévue par le Code pénal et que l'atténuation de l'article 54.3 ne s'appliquait qu'au prononcé de la peine.
Question de droit
La Cour devait déterminer si, à la suite de la commission d'une nouvelle infraction pendant le délai de sursis
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 16 de juny de 2023 dictat per la Batlle Instructora en la causa de referència, seguida per uns delictes; major de lesions utilitzant armes, objectes o mitjans amb perill de causar la mort o lesions més greus a la víctima, menors de maltractaments en l'àmbit domèstic i injúries a l'autoritat. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Marie Conte. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 27 de novembre del 2023 - ROJ: ATSJAD 279/2023 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (cassation_partielle), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 54.3) — mentionné sous « article 54.3 del Codi Penal »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 54.3) — mentionné sous « article 54.3 del Codi Penal només s'aplica al moment de la imposició de la pena »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 64.3) — mentionné sous « article 64.3 del Codi Penal »
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« I.- RESULTANT: que per Ordenança Penal de data 05-02- 2019 es condemnà a Ramirez com autor responsable d'uns delictes major de lesions doloses utilitzant armes, objectes o mitjans amb perill de causar la mort o lesions més greus a la víctima, i menors de maltractament en l'àmbit domèstic i injúries a l'autoritat, a la pena única de 5 mesos de presó condicional amb un termini de suspensió de la condemna de 2 anys, qualificada a no entrar en contacte amb la víctima durant un període de 2 anys, en aplicació dels article 62.1g) i 51 del Codi Penal .… »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 54.3) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 27 novembre 2023 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.