JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — rejet
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 11 septembre 2024 (n° 182/2024) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de L2018024-proc-civil (art. 284.3), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (rejet).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de L2018024-proc-civil (art. 284.3) (rejet), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD Andorra, Civil, 11 septembre 2024 (ROJ : ATSJAD 241/2024)
Décision commentée : ATSJAD Andorra, Civil, 11 septembre 2024, ROJ ATSJAD 241/2024, ECLI:AD:TSJADAD:2024:241A (Lire sur source officielle)
Note : la référence canonique fournie (« Juridiction andorrane, — ») étant incomplète, la référence figurant dans le texte intégral a été retenue. Le traitement de la décision est fondé sur la version en catalan, traduite par nos soins.
Faits et procédure
Le litige s'inscrit dans un contentieux de bail. Le Sr Barba, locataire et défendeur en première instance, a interjeté appel le 13 juin 2024 contre le jugement rendu le 21 mai 2024 dans la procédure de baux n° 3000252/2023. L'intimé est désigné dans la version publiée par la mention « ORG_0 », représenté par Mme Zapata.
Par ordonnance (interlocutòria) du 2 juillet 2024, notifiée le 15 juillet 2024 par le service des huissiers de justice (nuncis judicials), le secrétariat judiciaire de la chambre civile a accordé à l'appelant un délai de dix jours ouvrables. Dans ce délai, il devait :
- justifier du paiement de la taxe judiciaire ;
- justifier être à jour du paiement des loyers convenus au contrat de bail.
L'ordonnance avertissait que, à défaut, l'écrit ne serait pas admis à la procédure. Le délai a expiré le 29 juillet 2024 sans que l'appelant ait régularisé.
Le président de la chambre civile du Tribunal supérieur de justice (TSJ), M. Vincent Aniére, a statué par une décision de type auto, numérotée 000129/2024.
Question de droit
La question posée était la suivante : une juridiction d'appel peut-elle refuser d'admettre un recours lorsque l'appelant locataire, invité à justifier de son paiement des loyers ou de la consignation judiciaire de leur montant, n'a pas déféré à cette injonction dans le délai imparti ?
Cette question engage l'articulation de deux dispositions de la loi n° 22/
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« Únic.- La part apel·lant, en data 13-06-2024, ha formulat recurs d’apel·lació contra la sentència dictada el 21-05-2024, en el marc del procediment civil d'arrendaments número 3000252/2023. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 11 de setembre del 2024 - ROJ: ATSJAD 241/2024 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- L2018024-proc-civil (art. 284.3) — mentionné sous « article 284.3 de la Llei 22/2021 estableix que si el demandat interposa un recurs d’apel·lació i no acre »
- L2018024-proc-civil (art. 334.4) — mentionné sous « article 334.4 de la Llei 22/2021 »
- L2018024-proc-civil (art. 325) — mentionné sous « article 325 de la Llei 22/2021 »
- Llei 22/2021
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« Per interlocutòria del 02-07-2024, notificada a l’interessat via el servei de nuncis judicials en data 15-07-2024, la secretària judicial de la sala civil ordenava: »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Aquesta resolució no és ferma i contra la mateixa es pot interposar un recurs de reposició davant d’aquest mateix tribunal (article 334.4 de la Llei 22/2021, del 17 de setembre, de text consolidat del Codi de procediment civil). El recurs de reposició s’ha d’interposar en el termini dels tretze dies hàbils següents al dia en què es notifica la resolució objecte de recurs, mitjançant un escrit en què ha de constar la fonamentació del recurs, i s’hi ha d’adjuntar una còpia de la resolució objecte de recurs (article 3… »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de L2018024-proc-civil (art. 284.3) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 11 septembre 2024 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.