JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — rejet
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 16 septembre 2024 (n° 302/2022) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de L2018024-proc-civil (art. 330), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (rejet).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de L2018024-proc-civil (art. 330) (rejet), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD, Civil, 16 de setembre del 2024 (ROJ : ATSJAD 266/2024)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorre, Sala Civil, aute n° 000131/2024, 16 septembre 2024, recours n° 302/2022, ROJ : ATSJAD 266/2024, ECLI:AD:TSJADAD:2024:266A (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le litige s'inscrit dans une procédure civile ordinaire (n° 5100278/2004) ouverte devant le tribunal de batlles d'Andorre. Par jugement du 9 juillet 2021 (sentence n° 000102/2021), le tribunal de première instance a statué au fond. Une demande d'éclaircissement (aclariment) a ensuite été traitée, et un aute d'éclaircissement a été rendu le 6 octobre 2022. Le délai d'appel devait courir à compter de sa notification.
Une procédure d'appel a été engagée devant la Sala Civil du Tribunal Superior de Justícia, enregistrée sous la référence TSJC 0000294/21. Par aute du 27 septembre 2022, la Sala a annulé l'aute du 27 septembre 2021 et précisé que le délai d'appel contre la sentence commencerait à courir le lendemain de la date de l'aute statuant sur l'éclaircissement.
Le 2 novembre 2022, le conseil de l'appelant, M. Estany, a informé la Sala du décès de son client et sollicité la suspension du délai de recours ainsi que la mise en œuvre d'une éventuelle succession processuelle. Par interlocutoire du 7 décembre 2022, le secrétaire judiciaire a accordé aux successeurs un délai de trois mois pour solliciter la succession et justifier leur titre. Cette décision a été notifiée aux enfants du défunt le 20 janvier 2023. Un second interlocutoire, du 4 mai 2023, a ouvert un délai de cinq jours ouvrables pour se prononcer sur l'existence de motifs exceptionnels et justifiés de suspendre le délai de trois mois.
L'intimée, Mme Luís, s'est opposée à toute prolongation de la suspension, faute de motif exceptionnel. Un M. Raya, agissant en son nom et comme mandataire verbal de sa sœur, a produit un acte de notoriété d'héritiers ab intestat. Les recherches visant une autre héritière, Mme Pombo, étant demeurées infructueuses, un édit a été publié au BOPA n° 69 du 19 juin 2024.
Le 22 juillet 2024, le président du Tribunal Superior de Justícia a soulevé d'office la nullité de la procédure devant la Sala et a entendu les parties. Aucune d'elles ne s'y est opposée. La décision commentée tranche cette question.
Question de droit
La question posée est double. Il s'agissait, d'une part, de déterminer si la Sala Civil pouvait déclarer d'office la nullité de l'ensemble des actes accomplis en seconde instance lorsqu'aucun acte d'appel n'avait été régulièrement déposé. Il s'agissait, d'autre part, de fixer le point de départ du délai d'appel contre la sentence du 9 juillet 2021, à la suite de l'annulation partielle opérée par l'a
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« 1.- Inicialment, es va presentar un recurs ’pel·lació contra la sentència del 09-07-2021 i ’ute del 27-09-2021 dictats en el marc del procediment civil ordinari 5100278/2004. El recurs va ser enregistrat amb la referència TSJC.-0000294/21. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 16 de setembre del 2024 - ROJ: ATSJAD 266/2024 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- L2018024-proc-civil (art. 330) — mentionné sous « article 330 de la Llei 22/2021 »
- Llei transitòria de procediments judicials, del 21 de desembre de 1993 (text refós) (art. 18) — mentionné sous « article 18 ter de la Llei transitòria de procediments judicials »
- L2018024-proc-civil (art. 324.1) — mentionné sous « article 324.1 de la Llei 22/2021 »
- L2018024-proc-civil (art. 325) — mentionné sous « article 325 de la Llei 22/2021 »
- Llei 22/2021
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« Per aute de la Sala Civil del Tribunal Superior de Justícia del 27-09-2022 es va anul·lar ’ute del 27-09-2021. Igualment, es va precisar que el tribunal de batlles havia de resoldre ’clariment plantejat contra la sentència i que el termini per a presentar recurs ’pel·lació contra la sentència començaria a comptar a partir del dia següent en què es dicti ’ute que resol ’clariment. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Aquesta resolució no és ferma i contra la mateixa es pot interposar un recurs de reposició davant ’quest mateix tribunal (article 324.1 de la Llei 22/2021, del 17 de setembre, de text consolidat del Codi de procediment civil). El recurs de reposició ’a ’nterposar en el termini dels tretze dies hàbils següents al dia en què es notifica la resolució objecte de recurs, mitjançant un escrit en què ha de constar la fonamentació del recurs, i ’i ha ’djuntar una còpia de la resolució objecte de recurs (article 3… »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de L2018024-proc-civil (art. 330) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 16 septembre 2024 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.