JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — rejet
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 01 décembre 2025 (n° 245/2025) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de L2018024-proc-civil (art. 334.4), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (rejet).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de L2018024-proc-civil (art. 334.4) (rejet), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
Tribunal Superior de Justícia d'Andorra (Sala Civil), aute n° 000214/2025 du 1er décembre 2025 (ROJ ATSJAD 282/2025)
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Civil, aute n° 000214/2025 du 1er décembre 2025, ROJ ATSJAD 282/2025, ECLI:AD:TSJC:2025:00214A (recours n° 245/2025) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Dans le cadre d'une procédure civile d'injonction (n° 5000276/2025-0), le juge de première instance a, par un aute du 8 octobre 2025, refusé de admettre la demande formée le 31 juillet 2025 par une entité désignée sous le sigle « ORG_0 » contre deux défendeurs, et a ordonné l'archivage des actuations.
La Comunitat de Propietaris Residencial Roc de les Esquiroles a formé un recours d'appel contre cet aute. La décision indique que ce recours a été déposé le 29 octobre 2025 (date reprise du dispositif). Le président du Tribunal Superior de Justícia, siégeant en Sala Civil, a été saisi de l'affaire sous le numéro 245/2025.
Le litige porte donc sur la recevabilité d'un recours dirigé contre une décision de non-admission d'une requête en injonction, et non sur le fond de la demande initiale. Le texte ne précise pas les motifs de fond de la demande d'injonction ni les moyens du recours d'appel.
Question de droit
La question posée était de savoir si un aute refusant d'admettre une requête en injonction est susceptible d'appel. Le tribunal la formule ainsi : l'aute étant définitif, la voie de recours ouverte était-elle l'appel au titre de l'article 340 du Codi de procediment civil, ou une voie plus restreinte ?
Le raisonnement repose sur trois dispositions, telles que reprises par la décision :
- l'article 340 CPC, selon lequel l'appel est ouvert contre les autes définitifs rendus dans tout procès, « sempre que la Llei no ho exclogui expressament » (sauf exclusion expresse de la loi), ainsi que contre les autres autes lorsque la loi le prévoit ;
- l'article 334.4 CPC, selon lequel l'appel ne peut être déclaré irrecevable (« no admetre ») que dans les cas et pour les causes prévus expressément par la loi ;
- l'article 262.1 CPC, selon lequel l'aute qui décide de ne pas admettre la requête en injonction n'est susceptible que d'un recours en réformation (recurs de reposició).
Le texte de l'article 262.1 n'est pas re
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« OBJECTE : Inadmissió recurs d'apel·lació per quan l'article 262.1 del Codi del procediment civil estableix que contra l'aute que decideix no admetre la petició d'injunció tan sols s'hi pot interposar recurs de reposició. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 01 de desembre del 2025 - ROJ: ATSJAD 282/2025 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- L2018024-proc-civil (art. 334.4) — mentionné sous « article 334.4 del Codi de procediment civil »
- L2018024-proc-civil (art. 340) — mentionné sous « article 340 del Codi de procediment civil »
- L2018024-proc-civil (art. 325) — mentionné sous « article 325 del Codi de procediment civil »
- article 262.1 del Codi del procediment civil estableix que contra l'aute que decideix no admetre la pe (art. 262.1)
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« El President del Tribunal Superior de Justícia i de la Sala Civil, el Sr. Jaume TOR PORTA, ha vist el recurs d'apel·lació a les actuacions més amunt referenciades i ha adoptat la següent resolució . »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Aquesta resolució no és ferma i contra la mateixa es pot interposar un recurs de reposició davant d'aquest mateix tribunal (article 334.4 del Codi de procediment civil). El recurs de reposició s'ha d'interposar en el termini dels tretze (13) dies hàbils següents al dia en què es notifica la resolució objecte de recurs, mitjançant un escrit en què ha de constar la fonamentació del recurs, i s'hi ha d'adjuntar una còpia de la resolució objecte de recurs (article 325 del Codi de procediment civil).… »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de L2018024-proc-civil (art. 334.4) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 01 décembre 2025 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.