Sur le premier moyen, pris en sa première branche :
Attendu que la société fait grief à l'arrêt de dire irrecevables ses demandes, faute de qualité pour agir, alors, selon le moyen, « que la convention du 22 juin 2009 signée entre les avocats associés de la société A en voie de constitution dont H RI., membre d'une ancienne structure d'exercice B fusionnant avec la société A, mentionne clairement que les bilans des anciens cabinets des avocats concernés ont fusionné, qu'ils ont chacun listé la liste de leurs débiteurs respectifs, parmi lesquels figurent les factures litigieuses et que les débiteurs existants apportés (« débiteurs antérieurs ») sont également apportés dans la fusion, et la société anonyme devient le nouveau créancier de ces débiteurs ; qu'il en résulte clairement que les avocats constituant la nouvelle entité entendaient lui apporter les créances dont ils étaient bénéficiaires avant la fusion ; que la Cour d'appel a dénaturé ce document et violé l'article 989 du Code civil » ;
Mais attendu que la convention du 22 juin 2009 n'est pas produite ; qu'il s'ensuit que le moyen tiré d'une dénaturation, dépourvu de justification, n'est pas recevable de ce chef ;
Et sur le même moyen, pris en ses deuxième et troisième branches :
Attendu que la société adresse le même grief à l'arrêt, alors, selon le moyen, d'une part, que « la société A invoquait à l'appui de sa demande les pièces annexées à la convention du 22 juin 2009, dont la liste des créances de la fusion sur laquelle figurait la créance B invoquée dans la présente instance ; qu'en s'abstenant totalement de s'expliquer sur ces documents susceptibles d'éclairer la convention du 22 juin 2009 et de démontrer la cession de créance de B à la nouvelle structure A au sein de laquelle elle a fusionné, la Cour d'appel a en toute hypothèse privé sa décision de base légale au regard de l'article 989 du Code civil » ; et alors, d'autre part, qu'en s'abstenant de s'expliquer sur le fait que les changements de structure d'exercice de Maître RI. (exercice seul, puis exercice dans une SA d'avocats) entraînaient nécessairement la reprise de son cabinet et le transfert de ses créances sur ses clients, au profit de la dernière structure, la Cour d'appel a encore privé sa décision de base légale au regard de l'article 989 du Code civil » ;
Mais attendu qu'après avoir reproduit partiellement le contenu de la convention du 22 juin 2009, c'est dans l'exercice de son pouvoir souverain d'interprétation des termes ambigus de ce document, et d'appréciation des éléments de preuve qui lui étaient soumis, que la Cour d'appel a considéré que, s'il est justifié du fait que la société la société A est bien issue de la transformation de la société en nom collectif A and Partner en société anonyme, il n'est nullement établi que B, auteur des factures litigieuses, aurait été intégrée dans la société en nom collectif A, ensuite transformée en société anonyme, aucune pièce n'étant produite relativement à cette prétendue intégration, et que ladite convention était insuffisante à démontrer l'existence d'une fusion en amont de la transformation en société anonyme, entre les deux sociétés A et B; qu'en l'état de ces constatations et appréciations, la Cour d'appel a légalement justifié sa décision ; que le moyen ne peut être accueilli ;
Et sur le second moyen, pris en ses deux branches :
Attendu que la société fait encore le même grief à l'arrêt, alors, selon le moyen, d'une part que « l'assignation devant le Tribunal de première instance mentionne expressément que A, agit pour le compte de son associé, M. H RI., en règlement des honoraires dus à cet avocat par son client, M. RO. ; que cette indication était de nature à révéler sans aucune ambiguïté possible que M. RI. exerçait désormais son activité au sein d'une nouvelle structure à laquelle il avait cédé ses créances sur ses clients ; que la Cour d'appel en considérant que cet acte n'emportait pas signification du transport de créance au débiteur, M. RO., l'a dénaturé et a violé l'article 989 du Code civil », et alors, d'autre part, que, « lorsqu'un litige naît entre deux parties, litige pour lequel la représentation est obligatoire, la signification des conclusions de l'avocat de l'une des parties à l'avocat de l'autre équivaut à la signification à personne des moyens qui y sont invoqués ; qu'en signifiant à l'avocat de M. RO. ses conclusions par lesquelles il faisait valoir que l'assignation avait emporté signification de la cession de créance à M. RO., l'avocat de A a nécessairement signifié à ce dernier la cession de créance dans des formes satisfaisant aux exigences de l'article 1530 du Code civil ; que la Cour d'appel a donc violé ce texte, outre les articles 427 et 430 du Code de procédure civile » ;
Mais attendu que la transmission des droits et actions de la société B à la société A n'étant pas établie, le moyen tiré de la validité éventuelle de sa signification au débiteur prétendument cédé est sans objet ; que le moyen est inopérant ;
Et sur la demande de dommages-intérêts de Monsieur RO. :
Attendu que Monsieur RO., défendeur au pourvoi, sollicite la condamnation de de la société A AG à lui payer la somme de 30.000 euros à titre de dommages-intérêts en application de l'article 459-4 de procédure civile ;
Mais attendu qu'eu égard aux circonstances de la cause énoncées ci-dessus, la société A AG n'a pas abusé de son droit de se pourvoir en révision ; qu'il n'y a lieu à condamnation de ce chef ;