Cour d'Appel de Monaco, 08 juillet 2014, n° 12413
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 08 juillet 2014, n° 12413 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un directeur d'usine, M. O. RI., est licencié par la société anonyme monégasque U (la SAM U) dans le cadre d'un plan social. La lettre de licenciement est datée du 28 juin 2010. Selon la décision, la cessation d'activité du site monégasque, progressive, résulte du transfert de l'usine vers un autre site de production « plus proche des fournisseurs concentrés dans le Nord de la France ». Les mesures d'accompagnement et d'indemnisation ont été concertées avec les délégués du personnel en décembre 2008.
Le salarié soutient notamment que son licenciement est intervenu pendant un arrêt de travail pour maladie, qu'il est abusif, et qu'aucune proposition écrite et concrète de reclassement ne lui a été faite, y compris au sein du groupe. Il réclame en outre plusieurs sommes au titre du préavis, des heures supplémentaires, des RTT, d'une prime exceptionnelle, de l'indemnité de congédiement, de la clause de non-concurrence, de levées de stock-options et de droits à la retraite, ainsi que des dommages et intérêts.
Le Tribunal du Travail de Monaco, par jugement du 16 mai 2013, a notamment condamné la SAM U à verser 38.019,60 euros au titre de la contrepartie financière de la clause de non-concurrence, rejeté le surplus des demandes du salarié et débouté la SAM U de sa demande reconventionnelle. Le salarié a relevé appel le 29 juillet 2013. La SAM U a formé appel incident sur la seule clause de non-concurrence.
La Cour d'appel rejette des débats les conclusions et pièces déposées par le salarié le 4 juin 2014, au motif qu'elles n'ont pu être soumises au débat contradictoire, la date de plaidoiries ayant été fixée au 10 juin 2014 (art. 181 du Code de procédure civile).
Question de droit
La décision pose quatre questions distinctes.
- Le licenciement, prononcé dans le cadre d'un plan social motivé par le transfert de l'usine, repose-t-il sur un « motif valable » ?
- Le licenciement notifié pendant un arrêt de travail pour maladie est-il irrégulier, et présente-t-il un caractère abusif, en l'absence de « légèreté blâmable » ou d'« intention de nuire » ?
- L'employeur a-t-il satisfait à son obligation de reclassement, par des propositions « précises, concrètes et individualisées » faites « en temps utile » ?
- Quel est le montant exact du solde de la contrepartie financière de la clause de non-concurrence ?
Les parties discutent de la terminologie applicable. La SAM U soutient que la notion de « cause réelle et sérieuse » est étrangère au droit du for, et que le juge doit se prononcer sur le « motif valable » et sur les « circonstances abusives ». La Cour retient ce cadre.
Solution et dispositif
La Cour adopte les motifs non contraires des premiers juges et