Cour d'Appel de Monaco, 07 juillet 2015, n° 13549
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 07 juillet 2015, n° 13549 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Une société anonyme monégasque (A) et M. a. MU. AL-HA., ressortissant koweïtien, ont engagé des pourparlers en vue de l'acquisition d'un bateau de plaisance. Une lettre d'intention a été signée le 2 septembre 2008. La vente n'ayant pas été conclue, un différend est né au sujet de la somme de 2.000.000 euros versée à la signature de cette lettre. Il s'est achevé par un protocole transactionnel du 16 juillet 2009, aux termes duquel la société A s'engageait à verser 1.783.392 euros selon un échéancier modifié par avenant du 28 octobre 2009.
L'engagement n'ayant pas été exécuté, une mise en demeure est restée sans effet. M. AL-HA. a obtenu l'autorisation de pratiquer une saisie-arrêt à Monaco sur les comptes de la société A ouverts auprès d'un établissement bancaire, puis l'a assignée en paiement.
Par jugement du 10 juillet 2014 (R.6832), le Tribunal de première instance a condamné la société A à payer 1.783.392 euros avec intérêts au taux légal à compter du 4 novembre 2010, ainsi que 15.000 euros de dommages-intérêts pour résistance abusive. Il a ordonné la mainlevée de la saisie-arrêt pratiquée le 20 août 2010 et débouté les parties de leurs autres demandes. Il a retenu que la validité de l'accord devait s'apprécier au regard du droit anglais, loi choisie par les parties, et que l'accord, comportant offre, acceptation et contrepartie, n'était pas contraire à l'ordre public monégasque.
La société A a relevé appel le 17 octobre 2014. Elle soulevait à titre principal l'incompétence des juridictions monégasques au profit des juridictions anglaises, en invoquant la clause attributive de compétence de l'article 10 du protocole. À titre subsidiaire, elle invoquait la responsabilité de M. AL-HA. dans la rupture des négociations et l'absence de concessions réciproques dans la transaction. M. AL-HA. demandait pour sa part la confirmation du jugement et 30.000 euros de dommages-intérêts pour appel abusif.
Question de droit
La Cour d'appel devait trancher trois questions :
- La recevabilité d'une exception d'incompétence soulevée pour la première fois en appel, au regard de la règle selon laquelle l'exception doit être présentée in limine litis (art. 262 du Code de procédure civile, tel que visé par la Cour).
- La loi applicable à la validité de l'accord transactionnel, et le point de savoir si la cont