Cour d'Appel de Monaco, 31 octobre 2017, n° 16489
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 31 octobre 2017, n° 16489 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par acte sous seing privé du 27 avril 1988, le propriétaire d'un local commercial (n° 225) situé dans la galerie commerciale du centre D, à Monaco, a consenti un bail à un preneur, dont les droits ont été repris par la société C, devenue en 2007 la SARL A. Le bail a fait l'objet d'un avenant, présenté dans la décision comme daté du 1er octobre 1994. Le premier juge mentionne quant à lui un avenant du « 1er janvier 1994 », divergence que la décision d'appel ne relève pas.
Le 25 avril 2014, la bailleresse, aux droits de laquelle vient la SCI B, a fait délivrer un congé pour le 26 avril 2015, sans offre de renouvellement, assorti d'une offre d'indemnité d'éviction de 450 000 euros. Le 24 février 2015, elle a saisi le président de la Commission arbitrale des loyers commerciaux (CALC) aux fins de fixation de cette indemnité. La tentative de conciliation a échoué le 15 avril 2015. Le 27 mai 2015, la SARL A a assigné la bailleresse devant la CALC, sollicitant l'annulation du congé, le renouvellement du bail pour neuf ans et, subsidiairement, une indemnité de 1 875 000 euros, ainsi qu'une expertise.
Par jugement du 18 janvier 2017, la CALC a déclaré le congé nul et de nul effet, dit que le bail s'était renouvelé pour neuf ans et dit n'y avoir lieu à statuer sur les autres demandes. Elle a retenu que le bail ne prenait effet qu'à la livraison des locaux, laquelle n'était pas intervenue à la date de signature, de sorte que la date d'échéance visée dans le congé était inexacte.
La SCI B a interjeté appel le 24 février 2017. Elle soutenait, à titre principal, la validité du congé à l'échéance du 26 avril 2015 et, à titre subsidiaire, un report de ses effets à une date postérieure, ainsi que la fixation de l'indemnité à 450 000 euros ou, à défaut, une expertise. La SARL A a conclu à la confirmation du jugement, en soutenant que la CALC, juridiction d'exception, ne pouvait se prononcer sur la date d'échéance du bail.
Question de droit
La décision soulève deux questions connexes.
La première porte sur l'étendue de la compétence de la CALC : cette juridiction peut-elle, dans le cadre d'une demande d'indemnité d'éviction, examiner la date d'échéance du bail et, par suite, la régularité du congé, alors qu'elle n'est pas compétente pour statuer sur la validité juridique du congé ?
La seconde concerne le fond : au regard des stipulations contractuelles, à quelle date le bail a-t-il pris effet et, par conséquent, le congé délivré pour le 26 avril 2015 a-t-il régulièrement produit ses effets ?
Solution et dispositif
La Cour d'appel rappelle, en premier lieu, le périmètre de la compétence de la CALC, présentée comme « exclusive en matière de fixation des loyers lors du renouvellement du bail à son échéance, voire dans le cadre des demandes de révision du loyer, ou à l'occasion de la fixation de l'indemnité d'éviction qu