Cour d'Appel de Monaco, 07 janvier 2020, n° 18687
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 07 janvier 2020, n° 18687 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La société A, propriétaire d'appartements situés dans l'immeuble « B » à Monaco, en avait confié la gestion à l'agence immobilière D. Au mois de décembre 2016, cette agence proposa un appartement à M. e. M. et Mme y. M., qui recherchaient un logement par l'intermédiaire de la SAM C.
Une première offre, accompagnée d'un chèque d'arrhes de 142.080 euros remis à la SAM C, fut refusée. Les époux M. adressèrent alors à la SAM C, le 28 décembre 2016, une seconde offre valable jusqu'au 4 janvier 2017 à 18 heures, prévoyant une entrée dans les lieux au 1er mars 2017 et un loyer annuel de 420.000 euros. Cette offre contenait une clause de dédit (article 6 de l'offre, selon les écritures de l'appelante), ainsi qu'une stipulation relative au formalisme de l'acceptation, dont le texte est reproduit à l'arrêt :
« Cette offre engage le Preneur jusqu'au 4 janvier 2017 18 H. Passé ce délai, sans réponse écrite de la part du propriétaire, cet engagement sera considéré comme nul et non avenu. (…) Aucune acceptation verbale ne permettra d'engager le propriétaire quant à l'acceptation de la présente offre ».
La société A soutenait qu'un courriel du 3 janvier 2017, émis par son administrateur, avait informé l'agence D de son acceptation, et que cette agence avait, le même jour, informé la SAM C par message WhatsApp. Elle assigna les époux M. et la SAM C devant le Tribunal de première instance en paiement de 155.400 euros au titre de la clause de dédit, outre des dommages-intérêts pour résistance abusive et, contre la SAM C, pour faute délictuelle et perte de chance.
Par jugement du 20 décembre 2018, le Tribunal de première instance débouta la société A de l'ensemble de ses demandes, estimant qu'aucune acceptation n'était intervenue dans le délai de validité de l'offre, laquelle était devenue caduque le 4 janvier 2017 à 18 heures. La société A interjeta appel le 21 mars 2019. Les époux M. formèrent appel incident en matière de dommages-intérêts, la SAM C présentant également une demande reconventionnelle.
Question de droit
La question posée à la Cour d'appel était de savoir si un contrat de location s'était formé par acceptation de l'offre des locataires, alors que la seule acceptation produite était un message de l'agence du bailleur annonçant une acceptation écrite future, et si, en l'absence de contrat, la clause de dédit pouvait recevoir application.
Plus précisément, la Cour devait apprécier si le message transmis