Cour d'Appel de Monaco, 07 janvier 2020, n° 18688
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 07 janvier 2020, n° 18688 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La salariée a été engagée par la société anonyme monégasque A à compter du 14 octobre 1991, en qualité de technicienne de laboratoire, puis a obtenu à compter du 1er août 2006 la qualification de technicienne supérieure laboratoire. Son licenciement pour motif économique lui a été notifié le 30 septembre 2015.
Par requête du 29 décembre 2015, reçue au greffe le 4 janvier 2016, elle a saisi le Tribunal du travail de demandes en rappel de salaire, congés payés afférents et dommages-intérêts pour non-paiement en temps voulu. Après renvoi devant le bureau de jugement, ses conclusions ont été ramenées à un rappel de salaire pour heures supplémentaires de 9 154 euros, assorti de 915,40 euros de congés payés.
Par jugement du 17 janvier 2019, le Tribunal du travail l'a déboutée de l'ensemble de ses demandes et l'a condamnée aux dépens. Les premiers juges ont relevé que l'employeur contestait la réalisation de toute heure supplémentaire et que les pièces produites ne prouvaient pas l'accomplissement de ces heures. Ils ont en outre constaté que la salariée n'établissait ni que les heures revendiquées avaient été effectuées à la demande de l'employeur, ni que sa charge de travail l'avait contrainte à dépasser l'horaire normal.
La salariée a interjeté appel le 28 février 2019. Elle sollicitait la réformation du jugement et reprenait ses demandes, en les limitant à la période du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2014, les années antérieures étant selon elle prescrites. Elle invoquait notamment un jugement du Tribunal du travail du 30 septembre 2004 relatif au régime de la charge de la preuve, les extraits du logiciel de pointage « Horoquartz » que l'employeur n'aurait pas produits dans leur intégralité, et une surcharge de travail liée à des effectifs réduits. La société intimée sollicitait la confirmation du jugement, en soutenant que les heures supplémentaires n'étaient pas dues faute d'avoir été demandées ou acceptées par l'employeur.
La Cour d'appel de Monaco a déclaré l'appel recevable, l'a rejeté au fond et a confirmé le jugement.
Question de droit
La question posée était de savoir si un salarié qui allègue avoir accompli des heures au-delà de la durée légale hebdomadaire peut obtenir un rappel de salaire lorsque ces heures n'ont pas été demandées ni validées par l'employeur, et si des relevés issus d'un système informatique de gestion du temps, dont la valeur probante est contestée, suffisent à établir leur