Cour d'Appel de Monaco, 10 mars 2020, n° 18903
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 10 mars 2020, n° 18903 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
M. g. S., chef de rang au service de la SAM A., a été victime d'un accident du travail le 27 juillet 1993, ayant entraîné un traumatisme du genou gauche. Son assureur-loi, la société B., a été partie à une procédure devant le juge chargé des accidents du travail. Un accord des parties, constaté le 3 juillet 1996 sur la base d'un rapport du Docteur O. du 25 mars 1996, a fixé le taux d'incapacité permanente partielle (IPP) à 5 %.
Une rechute a été constatée le 26 avril 2012 par le Docteur Julien C. L'assureur ayant refusé de prendre en charge les soins et arrêts postérieurs au 30 juin 2013, une expertise a été ordonnée, dont les conclusions, favorables à la victime, ont été entérinées par ordonnance du 22 août 2013. Une prothèse uni-comportementale du genou a ensuite été posée (la décision indique le 5 septembre 2014 dans l'exposé des faits, et « 2015 » dans les motifs, ce que le texte ne permet pas de trancher). Les arrêts de travail ont été prolongés jusqu'au 31 mars 2017.
Contestant le rapport du médecin-conseil de l'assureur, qui retenait une consolidation au 1er octobre 2017, la victime a obtenu une nouvelle expertise. Le Docteur Gérard B. a conclu, le 29 septembre 2017, que la date de reprise du travail ne pouvait être fixée, que l'état clinique était évolutif et qu'une nouvelle intervention chirurgicale était envisagée, de sorte que la consolidation et le taux d'IPP ne pouvaient être déterminés. Le désaccord des parties ayant été constaté, l'affaire a été portée devant le Tribunal de première instance.
Par jugement du 16 mai 2019, le tribunal a homologué le rapport d'expertise et jugé que l'assureur devait prendre en charge les conséquences de la rechute, notamment les soins et arrêts de travail depuis le 1er octobre 2017 ainsi que la pose d'une prothèse totale du genou. L'assureur a relevé appel, sollicitant l'infirmation du jugement, le rejet des demandes de la victime, la non-homologation du rapport et la désignation d'un nouvel expert. La victime a conclu à la confirmation et à l'octroi de 5 000 euros de dommages et intérêts pour appel abusif.
Question de droit
La question posée à la Cour était double. Il s'agissait, d'une part, de déterminer si l'état de la victime pouvait être regardé comme consolidé alors que ses lésions étaient en cours d'aggravation sous l'effet d'une pathologie dégénérative, et qu'une intervention chirurgicale susceptible de l'améliorer était envisagée. Il s'agissait, d'autre part, de savoir si le défaut de réalisation de cette intervention pouvait être imputé à la victime, de manière à faire obstacle à la prise en charge des soins et arrêts subséquents.
Solution et dispositif
La Cour rappelle la définition de la consolidation : elle est l'état dans lequel la victime « se trouve soit complètement guérie, soit définitivement atteinte d'une incapacité permanente dont la constatation suppose que l'état de santé de la victime n'apparaît pas susceptible d'être amélioré d'une façon appréciable et rapide par un traitement médical approprié ».
Appliquant ce critère, elle relève que les lésions « apparaissaient dénuées de toute stabilité puisque l'état clinique était précisément en train de subir une aggravation liée à l'évolution des lésions arthrosiques d