Cour de Révision de Monaco, 16 décembre 2010, n° 4993
Décision commentée : Cour de Révision de Monaco, 16 décembre 2010, n° 4993 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La décision concerne une demande d'extradition émanant des autorités judiciaires russes à l'encontre de M. A., alias A., ressortissant russe et israélien, président de société, domicilié à Tel-Aviv et détenu sous écrou extraditionnel. Saisie par le procureur général, la chambre du conseil de la Cour d'appel a rendu un avis favorable à cette demande, par un arrêt dont les dates sont mal établies dans la décision : il est daté du 17 septembre 2010 dans les motifs, et du 17 décembre 2010 dans les visas et dans la mention finale. Cette dernière date est postérieure à la déclaration de pourvoi, qui est, elle, datée du 22 septembre 2010. La date exacte de l'arrêt attaqué doit donc être regardée comme incertaine à la lecture du seul texte fourni.
M. A. a formé un pourvoi en révision par déclaration au greffe général du 22 septembre 2010, accompagné du versement d'une consignation de 300 euros. Il a ensuite déposé une requête le 7 octobre 2010, puis un mémoire en réplique le 11 novembre 2010. Le ministère public a déposé des conclusions le 4 novembre 2010. Le greffier en chef a établi un certificat de clôture le 25 octobre 2010.
La Cour de révision statue hors session et uniquement sur pièces, sur le fondement de l'article 489 du code de procédure pénale. Deux points sont traités : la recevabilité des conclusions du ministère public, contestée par le demandeur, et la recevabilité du pourvoi, que la Cour soulève d'office après avoir recueilli les observations des parties. Les moyens invoqués sont décrits de manière synthétique : quatre premiers moyens dont le contenu n'est pas reproduit dans la décision, et des cinquième et sixième moyens fondés sur la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, présentés pour la première fois devant la Cour de révision. Le contenu précis des moyens n'est pas détaillé (non précisé dans la décision).
Question de droit
La question posée est double.
Premièrement, il s'agit de savoir si les conclusions du ministère public, déposées après le délai prévu par l'article 479 du code de procédure pénale, sont recevables. Ce texte vise le dépôt de la contre-requête.
Deuxièmement, et c'est le point essentiel, la Cour doit déterminer si le pourvoi en révision est recevable alors que l'article 16, alinéa 2, de la loi n° 1.222 du 28 décembre 1999 dispose que l'avis motivé de la chambre du conseil sur la demande d'extradition « est rendu sans recours ». Plus précisément, la Cour doit apprécier si ce texte exclut toute voie de révision, ou si le pourvoi reste ouvert lorsqu'il invoque une violation de la loi susceptible de priver la décision de ses conditions essentielles d'existence légale. Elle doit également vérifier si les moyens tirés de la Convention européenne des droits de l'homme sont recevables lorsqu'ils sont soulevés pour la première fois devant elle.
Solution et dispositif
La Cour répond à la première question en écartant le moyen d'irrecevabilité. Elle juge que l'article 479 du code de procédure pénale, qui vise la contre-requête, « ne saurait s'appliquer aux conclusions du Ministère public », et que le demandeur ayant été