Tribunal de Première Instance de Monaco, 07 mars 1991, n° 26049
Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 07 mars 1991, n° 26049 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un attaché commercial, employé par la SAM Distribution d'Appareillage Électrique Monégasque, est décédé le 15 octobre 1989 à la Foire commerciale de Fontvieille, où il tenait un stand pour le compte de son employeur. L'assureur-loi, la compagnie MACL Minerve, a refusé de prendre en charge les conséquences du décès, qu'il ne qualifiait pas d'accident du travail.
Selon l'enquête diligentée le 17 janvier 1990 par le juge chargé des accidents du travail, la victime a été frappée d'un malaise cardiaque vers 10 heures 30, alors qu'elle prenait un café et fumait une cigarette dans l'espace de la Foire. Transportée au Centre Hospitalier Princesse Grace, elle est décédée une heure plus tard.
Le fils de la victime a assigné l'employeur et l'assureur-loi par exploit du 11 juin 1990, afin de faire reconnaître le caractère professionnel de l'accident mortel et d'obtenir la rente due aux descendants. Une ordonnance de non-conciliation du 29 janvier 1991 a renvoyé l'affaire devant le Tribunal de première instance. Les défendeurs concluaient au rejet, faisant valoir que la victime n'avait fourni aucun effort particulier au moment du malaise et qu'elle était décédée d'une cause naturelle, étrangère à la définition de l'accident du travail.
Il est relevé dans l'enquête que la victime, âgée de « la force de l'âge », était décrite comme robuste et sans pathologie particulière, notamment d'origine cardio-vasculaire. Elle se plaignait toutefois depuis quelque temps d'une certaine fatigue accompagnée d'une oppression à la gorge. Sa compagne a par ailleurs indiqué qu'au cours de la semaine précédant les faits, elle avait effectué deux trajets supplémentaires dans le Var, puis avait été de service le week-end du 14 octobre à la Foire, sans pouvoir récupérer.
Les mentions de l'exploit et des motifs ne sont pas parfaitement concordantes sur le fondement de la rente : l'assignation vise l'article 3 de la loi n° 636, tandis que les motifs et le dispositif retiennent l'article 4-6 de la même loi. Le jugement ne tranche pas cette divergence, qui ne porte pas sur la solution.
Question de droit
La question posée était de savoir si la présomption d'imputabilité édictée par l'article 2 de la loi n° 636 du 11 janvier 1958 pouvait bénéficier aux ayants droit d'un salarié décédé d'un malaise cardiaque survenu au temps et au lieu du travail, et, dans l'affirmative, selon quelles modalités cette présomption p