Tribunal de Première Instance de Monaco, 10 octobre 2013, n° 11500
Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 10 octobre 2013, n° 11500 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Deux concubins, G. B. et H. L., ont constitué en 2005 une société civile particulière, la SCI J, dont chacun détenait 50 parts sur 100. Par acte du 4 juillet 2005, H. L. a cédé 20 parts à G. B., qui détient désormais 70 parts, contre 30 pour H. L. Le 4 octobre 2005, la société a acquis par acte authentique un appartement situé à Nice, qui constitue son seul actif. H. L. y réside gratuitement depuis plusieurs années. Deux procédures engagées en France pour obtenir son expulsion ont échoué (non précisé dans la décision pour le détail de leur issue procédurale).
Un procès-verbal d'assemblée générale du 10 octobre 2005 constate la démission de H. L. de ses fonctions de gérante et la nomination de G. B. La SCI J a, par exploit du 20 janvier 2012, assigné H. L. aux fins d'expulsion, d'indemnité d'occupation, de dommages-intérêts pour résistance abusive (50 000 euros) et, subsidiairement, d'une indemnisation de 52 100 euros pour manque à gagner.
H. L. a soulevé, à titre liminaire, la nullité de l'assignation, au motif que le gérant n'avait pas qualité pour représenter la société et que le procès-verbal litigieux était un faux. Subsidiairement, elle a sollicité une vérification d'écritures. Sur le fond, elle a soutenu qu'elle occupait l'appartement en vertu d'un prêt à usage, dont le terme n'était pas échu, et a formé une demande reconventionnelle en dommages-intérêts.
Question de droit
La décision soulève trois séries de questions.
Première question : la qualité du gérant et la régularité de l'assignation. Le juge devait déterminer si le gérant d'une société civile, dont la désignation était contestée par le moyen tiré de la falsification de la signature d'un procès-verbal, pouvait valablement introduire l'instance au nom de la société. Il s'agissait, par ricochet, de savoir si la procédure de vérification d'écritures prévue par le Code de procédure civile devait être poursuivie.
**Deuxième question : la nature et le