Tribunal de Première Instance de Monaco, 26 mars 2015, n° 13129
Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 26 mars 2015, n° 13129 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par une vente conclue au cours de l'année 2013, une cliente (Mme s. RE.) acquiert auprès d'un vendeur (M. j. LI.) une montre ROLEX, référence 81308 BRCHD, en or jaune, boîtier de 34 mm, pour un prix de 37 500 €. Selon les pièces citées par le jugement, l'accord porte sur une montre dont la lunette est sertie de diamants « en taille baguette ». Le jugement relève que la cliente a versé un acompte de 15 000 € (ordre de virement du 17 octobre 2013, auquel s'ajoutent 7 € de commission bancaire). L'exposé mentionne par ailleurs un montant de 15 007 €, que le jugement ne retient pas expressément.
Les échanges de courriels et de SMS, reproduits dans les motifs, établissent plusieurs éléments chronologiques. Le vendeur annonce d'abord la disponibilité de la montre au prix convenu, la cliente précise la désignation (« boîtier de 34 mm, or jaune 18 ct avec diamants en taille baguette ») et joint une photographie. Le vendeur indique ensuite que la montre avec baguettes est retirée de la production et n'existe qu'avec des brillants, puis propose un autre modèle. La livraison, initialement prévue pour décembre 2013, est reportée à plusieurs reprises. Elle intervient, selon les motifs, « courant mars 2014 », et la cliente la refuse au motif qu'elle ne correspond pas à la commande.
La procédure s'engage en plusieurs temps. Une ordonnance présidentielle du 6 juin 2014 est réformée par arrêt de la Cour d'appel du 8 juillet 2014, qui autorise une saisie-arrêt entre les mains de la banque A. à hauteur de 20 000 €. La saisie est signifiée et l'assignation au fond délivrée le 10 juillet 2014. Le vendeur conclut au débouté, à la mainlevée de la saisie, au paiement du solde du prix (31 350 €) et à 5 000 € de dommages-intérêts pour procédure abusive. L'acheteuse demande la résolution de la vente, la restitution de l'acompte avec intérêts et 10 000 € de dommages-intérêts, à titre subsidiaire la fixation du solde restant dû à 22 493 €, ainsi que l'exécution provisoire.
Question de droit
La question posée au tribunal est double. Il lui revient d'abord de déterminer si la chose livrée est conforme à celle qui a été convenue, les caractéristiques litigieuses ayant été fixées par les échanges des parties. Il lui appartient ensuite, en cas de non-conformité, de tirer les conséquences de ce manquement à l'obligation de délivrance, au regard de la résolution du contrat, de la restitution de l'acompte, des intérêts et de la réparation du préjudice.
Accessoirement, la décision doit se prononcer sur l'exécution provisoire, au regard des conditions de l'article 202 du Code de procédure civile.
Solution et dispositif
Le tribunal retient d'abord l'existence d'un contrat de vente. Il estime que « les parties ont, au sens de l'article 1426 du Code civil, conclu la vente » d'une montre désignée par sa référence et ses ca