Tribunal de Première Instance de Monaco, 17 mars 2016, n° 14788
Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 17 mars 2016, n° 14788 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un enfant, né à Monaco le 17 mars 2009, est issu d'une union libre entre un ressortissant monégasque et une ressortissante suédoise. Le couple, séparé en 2011, a vécu à Monaco. Saisi par la mère d'une requête tendant à retourner vivre en Suède avec l'enfant, le juge tutélaire a, par ordonnance du 21 avril 2011, ordonné une enquête sociale et des examens psychiatriques, fixé provisoirement la résidence chez la mère et interdit de faire quitter le territoire monégasque à l'enfant sans l'accord du père.
Par ordonnance du 16 avril 2012, le juge tutélaire a refusé d'homologuer un accord de médiation prévoyant une résidence alternée par quinzaines, fixé la résidence habituelle chez le père, organisé un droit de visite et d'hébergement au profit de la mère et interdit à cette dernière de s'établir avec l'enfant en Suède ou de le déplacer sans l'accord exprès du père. La mère s'étant désistée de son appel, cette décision est devenue définitive.
Les parties ont ensuite conclu, le 15 mai 2012, un accord privé autorisant la mère à s'établir à Göteborg avec l'enfant pour deux ans, un retour définitif à Monaco étant prévu en août 2014. La mère a néanmoins conservé l'enfant en Suède, où elle l'a scolarisé. En août 2015, à l'occasion d'une visite, le père a ramené l'enfant à Monaco, où il l'a scolarisé.
La mère a saisi l'Autorité centrale monégasque sur le fondement de la Convention de La Haye du 25 octobre 1980. Celle-ci a rejeté la demande par courrier du 27 octobre 2015, estimant le caractère illicite du déplacement non établi. Parallèlement, le père a saisi le juge tutélaire, qui s'est déclaré incompétent au profit du tribunal de première instance. La mère a alors assigné le père devant ce tribunal, sur le fondement des Conventions de La Haye de 1980 et de 1996, aux fins d'obtenir le retour immédiat de l'enfant en Suède. Le père a conclu au rejet, subsidiairement à l'application de l'article 13 de la Convention de 1980. Le ministère public a conclu au rejet de la demande.
Question de droit
La décision soulève deux séries de questions.
La première est d'ordre probatoire : il s'agit de déterminer si les attestations produites au soutien des prétentions de la mère respectent les exigences de l'article 324 du code de procédure civile, dont la méconnaissance est sanctionnée par la nullité.
La seconde est de fond : il revient au tribunal de déterminer