Vu l'exploit d'assignation du ministère de Maître Claire NOTARI, huissier, en date du 26 octobre 2016, enregistré (n° 2016/000162) ;
Vu les conclusions de Maître Arnaud ZABALDANO, avocat-défenseur, au nom de f. PA., en date des 4 février 2016 et 19 mai 2016 ;
Vu les conclusions de Maître Alexis MARQUET, avocat-défenseur, au nom de g. GR., en date du 24 mars 2016 ;
Vu les conclusions de M. le Procureur Général en date du 5 septembre 2016 ;
À l'audience publique du 20 octobre 2016, les conseils des parties ont été entendus en leurs plaidoiries, le Ministère Public en ses observations et le jugement a été mis en délibéré pour être prononcé ce jour 15 décembre 2016 ;
FAITS ET PROCÉDURE
Par jugement en date du 6 mars 2013, le Tribunal italien de Tempio Pausania a condamné f. PA. à la peine de deux ans et huit mois d'emprisonnement et à payer la somme de 25.000€ à g. GR. en sa qualité de partie civile, outre 3.500€ au titre des frais de justice.
Par assignation en date du 26 octobre 2015, g. GR. sollicite l'exequatur du jugement rendu le 6 mars 2013 par le Tribunal italien de Tempio Pausania et :
la condamnation de f. PA. au paiement d'une somme de 28.500 € assortie des intérêts au taux légal à compter du 6 mars 2013 sur la somme de 25.000 € et à compter du 9 juillet 2013 sur la somme de 3.500 €, et ce jusqu'à parfait paiement,
la condamnation de f. PA. au paiement de la somme de 5.000 € à titre de dommages intérêts complémentaires en réparation de son préjudice causé par une résistance manifestement abusive et en compensation des frais subséquents qu'il a été contraint d'engager,
En réponse, f. PA. demande au Tribunal de :
constater qu'il a saisi la cour d'appel de Rome d'une demande en révision du jugement du 6 mars 2013, prononcé par le Tribunal de Tempio Pausania, laquelle doit évoquer l'affaire à l'audience du 30 juin 2016,
prononcer dans l'intérêt d'une bonne administration de la justice, le sursis à statuer dans l'attente de la décision de la cour d'appel de Rome saisi de la requête en révision de f. PA. introduite le 27 janvier 2016, qui interviendra dans un délai raisonnable.
À titre subsidiaire, il demande qu'il lui soit donné acte de ce qu'il se réserve de conclure sur le bien-fondé de la demande d'exequatur pour le cas où par impossible le sursis à statuer ne serait pas ordonné.
Il expose que :
la décision du 6 mars 2013 n'a pas été rendue à l'issue d'un débat contradictoire, qu'il n'a pas pu présenter ses moyens de défense et n'a eu connaissance du jugement qu'à compter de la signification de l'assignation en exequatur,
contestant l'intégralité des faits qui lui sont reprochés et pour lesquels il a été condamné pour l'infraction d'appropriation illicite aggravée à une peine de 2 ans et 8 mois d'emprisonnement ainsi qu'au paiement des sommes de 25.000€ et 3.500€ au titre des frais de justice, motifs justifiant son recours en révision, il a sollicité la suspension de l'exécution provisoire et a déposé plainte le 1er juin 2015 contre f. PA. pour dénonciation calomnieuse, laquelle a abouti à un classement sans suite le 4 avril 2016 contre lequel il a formé un recours devant le bureau du juge des investigations préliminaires le 4 avril 2016, ajoutant qu' une audience en chambre du conseil a été fixée à cet égard au 9 juin 2016,
il a formulé une requête en révision devant la cour d'appel de Rome dont l'objet est d'obtenir que sa responsabilité pénale et civile soit écartée.
Dans ses dernières écritures, g. GR. maintient ses prétentions initiales et conclut au rejet de toutes les demandes fins et conclusions formulées par le défendeur.
Il expose que la réciprocité résulte des dispositions des articles 64 et 67 de la loi italienne numéro 218 du 31 mai 1995 portant réforme du système italien de droit international privé. Il ajoute que s'il est nécessaire de procéder à l'exécution forcée, les articles 64 et 67 précités ne subordonnent en Italie la faculté d'exécution des décisions étrangères qu'à la vérification de la réunion de diverses conditions de forme, dispositions par nature et pour l'essentiel, analogues à ce que prévoit l'article 473 du Code de procédure civile monégasque. La réciprocité étant établie à son sens, il conclut que les prescriptions de l'article 473 du Code de procédure civile monégasque sont respectées et les pièces prévues par l'article 475 du même code sont versées aux débats de sorte que rien ne s'oppose à l'exequatur sollicité. Il fait valoir que la cour d'appel de Rome a rejeté la demande de suspension de l'exécution du jugement rendu par le Tribunal de Tempo Pausania en date du 6 mars 2013 par arrêt en date du 22 février 2016.
Il explique en outre que f. PA. a été valablement représenté par un avocat pendant toute la procédure et que le jugement rendu à son encontre a été signifié à son avocat, chez qui il avait élu domicile en conformité avec la législation italienne.
Il ajoute que :
f. PA. reconnaît lui-même que le conseil italien qui le représentait à cette période a été destinataire du jugement du 6 mars 2013 rendu par le Tribunal italien, observant que si cette décision ne lui avait pas été valablement signifiée, en l'espèce chez son avocat où il avait élu domicile pendant toute la durée de la procédure, elle n'aurait jamais pu devenir définitive et porter la mention irrévocable,
il ressort de l'arrêt de la cour d'appel de Rome du 22 février 2016 que f. PA. était parfaitement informé de la procédure pendante à son encontre, puisque il indique lui-même dans le cadre de son recours avoir tenté de prendre contact à plusieurs reprises avec une personne qui aurait pu lui fournir des éléments de preuve en sa faveur,
le dépôt de sa requête en révision en date du 27 janvier 2016 a pour seul objectif de gagner du temps afin d'organiser définitivement son insolvabilité dès lors qu'il sait parfaitement que sa requête en révision est irrecevable.
Il soutient en outre que la requête en révision déposée par f. PA. ne remet pas en cause le caractère définitif du jugement italien.
Le procureur général ne s'oppose pas à l'exequatur en Principauté de Monaco du jugement de Tempio Pausania du 6 mars 2013.
MOTIFS