Juridiction monégasque (tribunal-travail), 17 octobre 2013, n° 11538
Décision commentée : Juridiction monégasque (tribunal-travail), 17 octobre 2013, n° 11538 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La salariée, engagée en contrat à durée indéterminée depuis le 28 juillet 2010 en qualité de « téléopérateur commercial », a adressé à son employeur, la SAM L, un courriel de démission daté du 23 décembre 2010, avec effet au 24 décembre 2010 et un préavis de deux semaines. Elle a confirmé cette démission par courrier du 24 décembre 2010, puis, le 28 décembre 2010, a indiqué avoir été informée par l'inspection du travail de l'obligation d'un préavis d'un mois.
Par courrier du 30 décembre 2010, l'employeur a pris acte de la démission, rappelé l'existence d'un préavis d'un mois à compter du 3 janvier 2011, date de fin des congés, et invité la salariée à reprendre son poste à cette date. La salariée a alors sollicité une dispense de préavis par courrier daté du 1er janvier 2011, confirmé par courriel du dimanche 2 janvier 2011. Elle ne s'est pas présentée à son poste le 3 janvier 2011.
La salariée a saisi le tribunal du travail en réclamant 20 000 euros pour préjudice moral et financier. L'employeur a formé des demandes reconventionnelles le 16 mai 2011 : 1 700 euros au titre de l'indemnité compensatrice de préavis et 6 000 euros pour procédure abusive. La demande reconventionnelle a été soumise au préliminaire de conciliation le 27 juin 2011. Par jugement du 21 mars 2013, le tribunal a constaté le désistement d'instance et d'action de la salariée, accepté par la SAM L.
Dans ses conclusions des 29 mars 2012 et 10 janvier 2013, l'employeur a sollicité la condamnation de la salariée au paiement de 1 700 euros au titre du délai-congé, de 6 000 euros à titre de dommages et intérêts pour rupture abusive du contrat de travail, ainsi que des intérêts au taux légal, l'exécution provisoire et les dépens. La salariée, par conclusions du 4 octobre 2012, a conclu au débouté et soulevé l'irrecevabilité de la demande de dommages et intérêts pour rupture abusive, faute de passage préalable en conciliation, et contesté toute absence d'acceptation de la dispense de préavis.
La date de saisine du tribunal par la salariée figure dans le texte comme « 15 février 2010 ». Cette mention est vraisemblablement erronée au regard de la chronologie (embauche en juillet 2010, requête du 16 mai 2011) ; la décision ne la commente pas.
Question de droit
Le tribunal devait trancher trois questions.
En premier lieu, une demande reconventionnelle de dommages et intérêts peut-elle être modifiée dans son fondement en cours d'instance, l'employeur passant de l'abus du droit d'ester en justice à l'abus dans la rupture du contrat de travail, sans avoir été soumise au préliminaire de conciliation sur ce second fondement ?
En second lieu, la démission assortie d'une demande de dispense de préavis, formulée la veille de la reprise et suivie d'une absence du salarié, constitue-t-elle une rupture abusive donnant lieu à l'indemnité prévue par l'article 11 de la loi n° 729 du 16 mars 1963 ?
En troisième lieu, une lettre de l'employeur employant le verb