Vu la requête introductives d'instance en date du 22 mars 2010, reçue le 23 mars 2010 ;
Vu les convocations à comparaître par-devant le Bureau de Jugement du Tribunal du Travail, suivant lettres recommandées avec avis de réception en date du 27 avril 2010 ;
Vu les conclusions déposées, au nom de Monsieur A. R. KI., par Maître Sophie LAVAGNA, avocat-défenseur, en date du 7 octobre 2010 et par Maître Joëlle PASTOR-BENSA, avocat-défenseur, en date des 2 février 2012, 19 décembre 2012 et 25 avril 2013 ;
Vu les conclusions déposées par Maître Arnaud ZABALDANO, avocat-défenseur, au nom de la société anonyme monégasque E, en date des 3 mars 2011, 12 juillet 2012 et 7 mars 2013 ;
Après avoir entendu Maître Aurélie SOUSTELLE, avocat au barreau de Nice, pour Monsieur A. R. KI., et Maître Arnaud ZABALDANO, avocat-défenseur près la Cour d'Appel de Monaco, pour la société anonyme monégasque E, en leurs plaidoiries ;
Vu les pièces du dossier ;
A. R. KI. a été employé par la société anonyme monégasque E, exploitant l'Hôtel X, suivant contrat à durée déterminée du 20 septembre 2005 au 30 novembre 2006, puis suivant contrat à durée indéterminée, en qualité de réceptionniste de nuit.
Par courrier recommandé avec accusé de réception du 15 octobre 2009, celui-ci s'est vu notifier son licenciement pour faute grave dans les termes suivants :
« Vous exercez les fonctions de réceptionniste de nuit. En cette qualité, il vous appartient, au regard de vos fonctions et de votre proximité avec notre clientèle, de faire montre d'une attitude professionnelle et d'un comportement professionnel irréprochable.
Tel n'est manifestement pas le cas, si l'on en juge votre comportement au cours de la nuit du 13 octobre 2009 envers notre client Monsieur GO..
Monsieur GO., accompagné de son épouse, avait réservé une chambre dans notre établissement dans le cadre d'un séminaire professionnel se déroulant en Principauté. Les formalités d'entrée dans l'établissement (photocopies des passeports, fiches de police, etc…) ont été régulièrement enregistrées pour chacun des occupants.
Comme pour l'ensemble de nos clients, l'ensemble des informations relatives au séjour de Monsieur GO. en nos murs est confidentiel.
Or vous avez totalement dépassé les limites de vos fonctions en divulguant des informations d'ordre personnel qui ont porté un grave préjudice à Monsieur GO.
En effet, alors que Monsieur GO. revenait de son séminaire tard dans la soirée, et s'était installé dans les fauteuils du hall de l'hôtel pour parler avec son employeur, présent également sur Monaco, vous avez interpellé le client, sans aucune discrétion, lui demandant si une autre personne occupait sa chambre.
Monsieur GO. n'ayant pas averti son employeur de la présence de sa femme, et visiblement surpris par votre manque de discrétion devant un tiers, a répondu qu'il était seul dans la chambre afin de ne pas se trouver dans une situation compromettante vis-à-vis de son employeur.
Vous avez alors insulté Monsieur GO., allant jusqu'à le traiter de « menteur ». Vous avez affirmé que son épouse était enregistrée sur nos fichiers, et ceci devant une tierce personne. Vous êtes alors allé chercher la fiche de renseignement remplie par l'épouse de Monsieur GO., et avez de manière très agressive pris à parti le client devant son employeur en le forçant à reconnaître que la personne figurant sur la photo de la fiche de renseignement était bien sa femme, sous-entendant que si ce n'était pas le cas cette personne était peut être plutôt une prostituée.
Monsieur GO. a été terriblement insulté par votre comportement et considère votre intervention comme une agression, d'autant plus que votre manquement aux règles de confidentialité l'ont obligé à se justifier de la raison de la présence de son épouse auprès de son employeur, qui avait payé la chambre, pensant Monsieur GO. seul.
Monsieur GO. s'est plaint de votre comportement insultant et humiliant dès le lendemain à la réception, allant jusqu'à solliciter le Directeur.
Il semblerait néanmoins que vous ayez pris conscience de la gravité de vos actes puisque vous n'avez pas fait mention de cette altercation dans le registre de bord utilisé quotidiennement et dans lequel vous devez recenser les évènements survenus durant la nuit, ce manquement laissant supposer que vous avez délibérément voulu dissimuler vos actes.
Le comportement que vous avez eu est absolument incompatible avec vos fonctions de réceptionniste. Votre comportement reflète votre inconscience des préjudices que vous pouvez faire encourir à mon établissement dès lors que vous ne respectez pas la confidentialité de la vie privée de nos clients.
Votre attitude nuit gravement à l'image de marque de mon établissement, qui plus est lorsque votre agressivité se reporte sur notre clientèle au risque de voir celle-ci faire une terrible publicité de l'hôtel. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que j'ai à connaître l'insatisfaction de certains clients nous ayant fait part de leur mécontentement à votre égard.
Votre agressivité et votre nonchalance étaient jusqu'alors insupportables pour les autres membres du personnel qui me faisaient part de leurs craintes. Aujourd'hui votre comportement néfaste et votre négligence a également des répercussions sur la clientèle, ce qui ne peut être toléré.
En conséquence, eu égard à :