S'il doit être considéré que la prime UBAEHG perçue par le salarié est une gratification liée au chiffre d'affaires du magasin, elle correspond alors à un intéressement aux résultats de l'entreprise qui ne peut être pris en compte pour la détermination du salaire minimum conventionnel, conformément aux dispositions de la convention collective applicable. S'il ne s'agit pas d'un intéressement mais d'une prime accordée en vue d'harmoniser les salaires nets négociée avec chaque salarié, et de bénéficier d'une rémunération conforme au salaire minimum conventionnel, il n'est pas établi que les parties auraient convenu que le salaire de référence, par rapport au salaire minimum conventionnel, était constitué du salaire de base, de la prime UBEGH ou de toute autre prime. Le salarié a donc droit à un rappel de salaire. Ne constitue pas une sanction disciplinaire définitive le courrier de l'employeur intitulé « avertissement » dans lequel il rappelle au salarié l'obligation de port des chaussures de sécurité en précisant qu'à défaut de respecter cette obligation, des sanctions disciplinaires seraient envisagées. D'ailleurs, le salarié a fourni ses explications et produits des éléments médicaux et aucune suite n'a été donnée. Les griefs formulés à l'égard du salarié ne justifiaient pas son licenciement, a fortiori pour faute grave, ni une suspension de la rémunération pendant la période de mise à pied conservatoire. Si deux clients se sont plaints de son comportement, l'employeur n'a pas réagi immédiatement et n'établit pas avoir mené une enquête interne. Le salarié comptait une ancienneté de 22 ans dans l'entreprise, n'avait jamais fait l'objet d'une sanction disciplinaire et prouve la satisfaction apportée dans son travail auprès de très nombreux clients. L'employeur a utilisé un prétexte pour se séparer d'un employé ancien qui n'avait pas respecté ses consignes concernant le port de chaussures de sécurité, mais en justifiant d'un motif médical, et n'avait pas travaillé le jour de soldes commerciales, en raison d'un rendez-vous médical. Le caractère fallacieux du motif de rupture et l'usage excessif du pouvoir disciplinaire confèrent au licenciement un caractère abusif, tandis que les circonstances de l'éviction sont brutales et disproportionnées, l'employeur ayant imposé des congés et notifié une mise à pied conservatoire. TRIBUNAL DU TRAVAIL AUDIENCE DU 29 OCTOBRE 2015 En la cause de Monsieur j-a. CH., demeurant : X à MONACO (98000), demandeur, ayant élu domicile en l'Etude de Maître Richard MULLOT, avocat-défenseur près la Cour d'Appel de Monaco, et plaidant par Maître Danièle RIEU, avocat au barreau de Nice, substituée par Maître Aurèlie SOUSTELLE, avocat au barreau de Nice, d'une part ; Contre : La société anonyme monégasque U, dont le siège social se situe : X à MONACO (98000), défenderesse, ayant élu domicile en l'Etude de Maître Joëlle PASTOR-BENSA, avocat-défenseur près la Cour d'Appel de Monaco, et plaidant par Maître Patrick LEROUX, avocat au barreau de Grasse, substitué par Maître Bernard BENSA, avocat près la Cour d'Appel de Monaco, d'autre part ; LE TRIBUNAL DU TRAVAIL, Après en avoir délibéré conformément à la loi,
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