Juridiction monégasque (tribunal-travail), 09 février 2017, n° 15827
Décision commentée : Juridiction monégasque (tribunal-travail), 09 février 2017, n° 15827 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
M. d. MA. exerce la profession de guide interprète conférencier, titulaire d'une carte professionnelle. Il travaille pour plusieurs employeurs qui font appel à lui pour des prestations ponctuelles liées à des événements à la journée. Il est intervenu pour le compte de la SAM A dans le cadre de contrats à durée déterminée conclus « en cas de besoin ».
Estimant que des salaires lui étaient dus au titre des jours fériés légaux monégasques des années 2011 et 2012, le salarié a réclamé à son employeur, par courrier du 18 août 2014, la somme de 590,48 euros bruts. Le 12 février 2015, la SAM A lui a adressé un chèque de 480 euros au titre des quatre jours fériés concernés. La décision indique que l'employeur a réglé la somme après avoir obtenu l'avis de l'inspection du travail, daté du 25 septembre 2014.
Le salarié a saisi le Tribunal du travail par requête reçue le 7 septembre 2015, en sollicitant 1 780 euros de dommages-intérêts pour paiement tardif des jours fériés monégasques. La SAM A a formé une demande reconventionnelle de 5 000 euros pour procédure abusive. La tentative de conciliation n'ayant pas abouti, l'affaire a été portée devant le Bureau de Jugement.
Le demandeur soutenait que l'employeur n'avait jamais majoré les jours fériés travaillés pendant la relation de travail, qui a pris fin en 2012, que l'inspection du travail avait confirmé à plusieurs reprises l'obligation de paiement double ou d'octroi d'une journée chômée et payée au titre de la loi n° 800 du 18 janvier 1966, et qu'il avait subi un préjudice moral et financier. Une procédure était pendante devant le Conseil de prud'hommes de Nice, portant selon la décision sur la requalification de contrats à durée déterminée en contrat à durée indéterminée.
La défenderesse faisait valoir qu'elle avait régularisé la situation dès février 2015, que le préjudice invoqué devait être direct, actuel et certain, et que la nouvelle instance engagée à Monaco, alors que le salarié saisissait parallèlement une juridiction française, revêtait un caractère abusif.
Question de droit
Le litige posait deux questions distinctes.
La première concernait la réparation d'un éventuel préjudice résultant du paiement tardif, par l'employeur, de majorations dues pour des jours fériés travaillés. Il s'agissait de savoir si le retard de paiement, une fois la créance salariale réglée, ouvrait droit à des dommages-intérêts, ce qui supposait la réunion de trois éléments : une faute de l'employeur, un préjudice démontré et un lien de causalité entre les deux.
La seconde portait sur le caractère abusif de la procédure introduite par le salarié, la défenderesse invoquant la coexistence d'une instance devant le Conseil de