Juridiction monégasque (tribunal-travail), 28 janvier 2022, n° 20368
Décision commentée : Juridiction monégasque (tribunal-travail), 28 janvier 2022, n° 20368 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Un salarié, cadre, est engagé le 1er avril 2003 par la Banque Monégasque de Gestion en qualité de gestionnaire de portefeuilles de clientèle. Le 17 mars 2006, il souscrit une clause de non-concurrence, dont la contrepartie est une « indemnité spéciale de non-concurrence » égale à 15 % de son salaire brut fixe, versée pendant la durée du contrat. Lors de la prise de contrôle de cet établissement par la S.A.M. EFG BANK (MONACO), le contrat est repris dans les mêmes conditions. Par avenant du 1er octobre 2011, le salarié, devenu Directeur-Client Relationship Officer (C.R.O.), perçoit un bonus, calculé selon deux modalités, dont seule la plus favorable est versée. En janvier 2018, il est rétrogradé ; il est placé en arrêt maladie à compter du 18 janvier 2018, puis déclaré inapte à tout poste dans la banque.
Après un procès-verbal de non-conciliation du 20 mai 2019, le salarié saisit le Bureau de jugement du Tribunal du travail. Il réclame, d'une part, 272 086 euros au titre du bonus C.R.O. de 2017 et, d'autre part, 127 514 euros d'arriérés du complément d'indemnité de non-concurrence pour la période 2006-2018. La banque sollicite un sursis à statuer sur le bonus, le rejet du surplus, 5 000 euros de dommages et intérêts pour procédure abusive et, à titre subsidiaire, la prescription de l'action pour la période antérieure au 29 avril 2014.
Le tribunal statue par jugement mixte, en premier ressort. Les questions tranchées par la décision concernent le sursis à statuer, le fond de la clause de non-concurrence et la prescription. Le calcul du bonus est renvoyé à une procédure ultérieure.
Question de droit
La décision soulève deux questions principales.
En premier lieu, il s'agit de savoir si le sursis à statuer doit être ordonné sur le paiement du bonus 2017, dans l'attente d'une action en responsabilité engagée par des clients contre la banque, qui met en cause les conseils du salarié et dont l'issue pourrait déterminer si une perte doit être imputée aux « coûts transact