JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal de Batlles — Contrôle de qualification et de motivation — reformation
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 14 juillet 2025 (n° 2000637/2025) par Tribunal de Batlles (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Codi de procediment penal (text refós) (art. 165), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (reformation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal de Batlles consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Codi de procediment penal (text refós) (art. 165) (reformation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
Juridiction andorrane, — (OTBAT 226/2025)
Décision commentée : Juridiction andorrane, — (OTBAT 226/2025 ; ECLI:AD:TBATAD:2025:226) (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La présente décision est une ordonnance pénale (« Ordenança penal ») rendue par la Batllia (tribunal de première instance) d'Andorre-la-Vieille, sous la présidence du Batlle Manuel Santolària Besolí. Les métadonnées indiquent une date de résolution du 14 juillet 2025, tandis que l'en-tête de l'acte mentionne Andorre-la-Vieille, le 10 juillet 2025. Le texte ne permet pas de trancher cette divergence, qui n'affecte pas le fond.
Les faits, tels que retenus, se déroulent le 27 juillet 2024, lors de la fête majeure d'Escaldes-Engordany. M. Alfaro, ressortissant mexicain résidant à Soldeu, sous l'effet de boissons alcooliques, pénètre à plusieurs reprises, sans autorisation, dans les terrains de la « ORG_0 » afin de récupérer une cartera et un téléphone mobile qu'il croyait y avoir perdus. Il est expulsé à deux reprises, puis revient une troisième fois. Lors de cette dernière intrusion, il rencontre la propriétaire, Mme Pérez, qui lui demande de partir. Pour l'y contraindre, il la repousse, ce qui la fait tomber sur le sol, sur son coude gauche.
Selon le rapport du service d'urgences de l'hôpital Nostra Senyora de Meritxell, Mme Pérez présente plusieurs contusions. Une radiographie du coude est réalisée, sans que soient relevées de lésions osseuses aiguës. Entendue le 11 mars 2025, la victime déclare qu'elle s'est rétablie en quelques jours, qu'elle a conservé une bosse importante au coude, qu'elle n'a consulté aucun autre médecin et qu'elle a refusé l'examen du Service de médecine légale et de médecine légale. Elle ne souhaite pas former de demande pécuniaire, mais maintient sa plainte.
Le 9 avril 2025, la Caixa Andorrana de Seguretat Social (CASS) réclame le remboursement des prestations versées à Mme Pérez, soit 33,75 EUR. Le casier judiciaire ne révèle aucune mention défavorable à l'égard de M. Alfaro. Une consultation préalable du Ministère public et du conseil de la défense a été conduite conformément à l'article 164 du Code de procédure pénale (CPP).
Question de droit
La décision soulève, au fond, trois questions.
Première question : les faits constituent-ils des délits mineurs de lésions dolosives et de viol
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Batlles, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« VIST el sumari número XXXX, subsegüent a l'informe de la Policia de data 12 de setembre del 2024, efectuat a resultes de la intervenció policial a les 8h10 del 27 de juliol del 2024, a la ORG_0, de l'avinguda del Pessebre d'Escaldes-Engordany, i de la posterior denúncia cursada per Pérez, per les lesions patides per causa dels fets. »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Batlles devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence OTBAT ANDORRA, a 14 de juliol del 2025 - ROJ: OTBAT 226/2025 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal de Batlles consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (reformation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 165) — mentionné sous « article 165 del Codi de procediment penal »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 94) — mentionné sous « article 94 del Codi penal que estableix que tota persona responsable penalment d'una infracció pena »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 164) — mentionné sous « article 164 del Codi de procediment penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 18) — mentionné sous « article 18 del Codi de procediment penal »
- Llei 9/2005
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal de Batlles procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« RESULTANT que de les diligències practicades se'n desprèn que vers les 7h19 hores del 27 de juliol del 2024, Alfaro, fill de Cano i de Roda, nascut el 26 de setembre de 1993 a Colima, Mèxic, de nacionalitat mexicana, amb domicili a la Pleta de Soldeu, del terme de la Parròquia de Canillo, va estar tota la nit a la Festa Major d'Escaldes-Engordany, consumint begudes amb contingut alcohòlic, trobant-se afectat per aquest consum; que va saltar la tanca i va accedir a l'interior de la ORG_0, sense cap tipus d'autorització, amb la finalitat de recuperar la seva cartera i el seu … »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així ho disposa, mana i signa l'Honorable Batlle, juntament amb la infrascrita Secretària Judicial, del que en dona fe. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal de Batlles en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Codi de procediment penal (text refós) (art. 165) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 14 juillet 2025 par Tribunal de Batlles ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.