JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal de Batlles — Contrôle de qualification et de motivation — rejet
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 17 septembre 2025 (n° 1000083/2025) par Tribunal de Batlles (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 114.1), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (rejet).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal de Batlles consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 114.1) (rejet), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
OTBAT, Penal, 17 de setembre del 2025 (ROJ : OTBAT 242/2025 ; ECLI:AD:TBATAD:2025:242)
Décision commentée : Batllia d'Andorre-la-Vieille, ordonnance pénale du 17 septembre 2025, ROJ OTBAT 242/2025 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
La présente ordonnance pénale, rendue par la Batlle (juge unique) d'Andorre-la-Vieille, concerne M. Codina, né le 17 novembre 1982 à Andorre-la-Vieille, de nationalité andorrane. Le dossier porte sur le numéro de procédure XXXX (« sumari »), instruit à la suite de faits survenus en 2020 et le 1er janvier 2025.
Selon les antécédents de fait, trois épisodes sont retenus :
- Premier épisode (2020) : au domicile conjugal, en présence de la fille de l'épouse, alors âgée de 16 ans au moment de la décision, M. Codina aurait poussé Mme Azorin contre le lit. Aucune visite médicale n'aurait été nécessaire.
- Deuxième épisode (2020, selon le texte) : la mineure Karen, âgée de 14 ans, aurait assisté à une dispute au cours de laquelle M. Codina aurait poussé Mme Azorin contre le lit conjugal puis l'aurait saisie par les poignets. La mineure aurait constaté le lendemain des marques sur les bras de sa mère.
- Troisième épisode (1er janvier 2025) : lors d'une dispute, M. Codina aurait crié sur Mme Azorin, puis saisi avec force un bras d'une personne nommée Jover, qu'il aurait traîné jusqu'à une chambre, faits également témoignés par Karen.
Le casier judiciaire ne mentionne aucun antécédent. La procédure a suivi la voie de l'ordonnance pénale prévue par la loi qualifiée de modification du Code de procédure pénale (ci-après CPP), l'article 163 étant visé dans les considérants. Une consultation préalable du ministère public et du conseil de l'intéressé a été effectuée, conformément à l'article 164 CPP.
Question de droit
La juridiction devait déterminer si les faits retenus constituaient des infractions de maltraitance dans le cadre domestique, et, dans l'affirmative, sous quelle qualification et avec quelle sanction. Le texte pose ainsi deux questions connexes :
- La qualification : les actes décrits relèvent-ils de l'article 114.1 du Code pénal, qui réprime les mauvais traitements dans l'environnement familial, et la présence d'un mineur modifie-t-elle la qualification ?
- La sanction : quelle peine infliger, et selon quel mécanisme de suspension, compte tenu de l'absence d'antécédents ?
L'ordonnance ne développe
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal de Batlles, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« I RESULTANT.- Que de les diligències practicades en el marc del sumari número XXXX que durant l'any 2020, Codina - nascut el dia 17/11/1982 a Andorra la Vella, fill de Catalá i Pulido, de nacionalitat andorrana, amb domicili al Carrer de la Sardana núm. 17, 4art 3era, Andorra la Vella - mentre es trobava al domicili conjugal, va agredir a la que era la seva esposa en aquella data, Azorin, en presència de la seva filla Cañete de 16 anys actualment, fruit d'una relació anterior de Azorin, donant-li una empenta contra… »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal de Batlles devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence OTBAT ANDORRA, a 17 de setembre del 2025 - ROJ: OTBAT 242/2025 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal de Batlles consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (rejet), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 114.1) — mentionné sous « article 114.1 del Codi Penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 165) — mentionné sous « article 165 del Codi de Procediment Penal i al CSJA d'acord amb l'article 166 ter del Codi de Proced »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 165) — mentionné sous « article 165 de la Llei Qualificada de Modificació del Codi de Procediment Penal »
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 164) — mentionné sous « article 164 del Codi de procediment Penal »
- Llei 9/2005
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal de Batlles procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« Que en una altra ocasió, quan la menor Karen tenia 14 anys va presenciar una discussió entre Codina i la seva mare, durant la qual Codina va empentar a Azorin contra el llit de matrimoni i seguidament la va agafar dels canells, havent-li vist la menor l'endemà unes marques als braços. »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« La present resolució és ferma i executòria, llevat que s'hi faci oposició d'acord amb les disposicions de l'article 165 de la Llei Qualificada de Modificació del Codi de Procediment Penal. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal de Batlles en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. (art. 114.1) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 17 septembre 2025 par Tribunal de Batlles ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.