JURISPRUDENCE — Principauté d'Andorre — Tribunal Superior de Justícia d’Andorra — Contrôle de qualification et de motivation — confirmation
Sommaire analytique Korpus — Il résulte de la décision rendue le 19 décembre 2022 (n° A062/22) par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra (Principauté d'Andorre), statuant au visa de Codi de procediment penal (text refós) (art. 224), que l'application des règles régissant le domaine « jurisprudence » exige une caractérisation précise des éléments de fait et de droit soumis au débat contradictoire, sous le contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara) (confirmation).
L'essentiel en 30 secondes — Ce qu'il faut retenir
- Règle directrice & sens de l'arrêt : Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consacre une lecture rigoureuse des conditions d'application de Codi de procediment penal (text refós) (art. 224) (confirmation), renforçant la sécurité juridique des parties en Principauté d'Andorre.
- Exigence probatoire immédiate : toute prétention fondée sur ce dispositif doit désormais être étayée par des pièces circonstanciées démontrant la réunion cumulative des critères légaux dès la phase de première instance ou d'appel.
- Impact sur les dossiers en cours : d'application immédiate aux instances pendantes (effet déclaratif de la jurisprudence), cet arrêt commande d'auditer l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA afférents au domaine jurisprudence.
I. Faits, cadre procédural et anatomie des moyens
A. Origine du litige et prétentions des parties
ATSJAD 205/2022 : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, 19 décembre 2022
Décision commentée : Tribunal Superior de Justícia d'Andorra, Sala Penal, Aute du 19 décembre 2022, ROJ ATSJAD 205/2022, ECLI:AD:TSJADAD:2022:205A (recours A062/22) (Lire sur source officielle)
Note préliminaire : la référence canonique fournie dans les métadonnées (« Juridiction andorrane, — ») est incomplète. La référence retenue ci-dessus est reconstituée à partir du titre et des métadonnées figurant dans le texte intégral.
Faits et procédure
Par ordonnance pénale (Ordenança Penal) du 10 avril 2021, M. Araujo a été déclaré coupable de plusieurs infractions mineures : mauvais traitements dans le cadre domestique, menaces, résistance aux agents de l'autorité et violation d'une interdiction d'entrer en contact avec la victime (articles 114.1, 141 et 397 du Code pénal). Il a été condamné à une peine unique de trois mois d'emprisonnement, dont un mois ferme à exécuter sous le régime de la semi-liberté, le solde étant assorti d'un sursis de deux ans, avec obligation de suivre un programme de promotion de relations non violentes et d'interdiction de contact avec la victime.
Par le même acte, il a été condamné pour une contravention pénale de lésions dolosives (article 476.2 du Code pénal) à un mois d'arrêt nocturne avec sursis de deux ans, et à la privation du permis de conduire pendant deux mois.
Cette résolution est devenue définitive faute d'opposition des parties.
Le 4 avril 2022, puis le 12 avril 2022, le ministère public (Ministeri Fiscal) a demandé la révocation du bénéfice du sursis. Par un aute du 29 avril 2022, la juge d'instruction (Batlle instructora) a révoqué partiellement le bénéfice conditionnel et ordonné l'exécution de trente jours d'emprisonnement ferme, à subir à l'issue de la peine prononcée dans une autre procédure (EXE 2080073/2020).
Le conseil de M. Araujo a interjeté appel, en sollicitant une révocation partielle ne dépassant pas quinze jours d'emprisonnement sous le régime de la semi-liberté. Le ministère public a conclu au rejet. Il a soutenu que la révocation, au moins partielle, du sursis devait être ordonnée en application de l'article 64.3 du Code pénal, que l'obligation conditionnant la semi-liberté n'avait pas été respectée et que le condamné n'avait produit ni contrat de travail ni justificatif de formation.
Les faits à l'origine de la révocation sont une nouvelle infraction commise le 18 mars 2022, pendant le délai d'épreuve : une conduite de véhicule automobile sous l'emprise de stupéfiants, qualifiée de « délit mineur » par la Sala, sanctionnée par un mois d'arrêt nocturne avec sursis et par la privation du permis de conduire pendant deux mois.
Question de droit
La Sala Penal du Tribunal supérieur de justice devait trancher deux questions :
- La commission d'une nouvelle infraction pendant le délai de su
Dans l'espèce soumise à l'appréciation de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra, le différend s'est noué autour de l'application des règles régissant le domaine jurisprudence au sein de l'ordre juridique de Principauté d'Andorre.
« En el recurs d'apel·lació interposat contra l'aute de data 29 d'abril de 2022 dictat per la Batlle Instructora en la causa de referència, seguida per uns delictes menors de maltractaments en l'àmbit domèstic, amenaces, resistència als agents de l'autoritat i crebantament de pena de prohibició d'entrar en contacte amb la víctima i una contravenció penal de lesions doloses. Els components del Tribunal Superior de Justícia expressats al marge s'han constituït per a la vista i decisió, és ponent la Sra. Marie Conte.… »
B. Déroulement de l'instance et structure des moyens soulevés
Saisie suivant les formes et délais prescrits par le droit processuel applicable devant les juridictions de Principauté d'Andorre, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra devait vérifier la régularité des moyens articulés ainsi que la qualification juridique exacte des faits constatés. La décision inscrite sous la référence ATSJAD ANDORRA, a 19 de desembre del 2022 - ROJ: ATSJAD 205/2022 confronte la thèse soutenue par le demandeur au recours aux constatations opérées par les juges du fond.
II. Visa, syllogisme juridictionnel et intensité du contrôle (Sens de la décision)
A. Le problème de droit et les textes de référence mobilisés
La question déterminante posée à Tribunal Superior de Justícia d’Andorra consistait à déterminer dans quelle mesure les constatations opérées au fond et l'interprétation des textes invoqués justifiaient la solution retenue (confirmation), au regard des exigences d'équilibre probatoire et de légalité matérielle. L'analyse juridique s'articule autour des dispositions suivantes :
- Codi de procediment penal (text refós) (art. 224) — mentionné sous « article 224 del Codi de Procediment Penal »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 476.2) — mentionné sous « article 476.2 del Codi Penal »
- **Llei 9/2005, del 21 de febrer, qualificada del Codi penal. ** (art. 64.3) — mentionné sous « article 64.3 del Codi Penal »
B. Articulation du syllogisme et qualification de la nature du contrôle
Pour trancher le litige, Tribunal Superior de Justícia d’Andorra procède à une confrontation rigoureuse entre la majeure normative et la mineure factuelle :
« I.- RESULTANT: que per Ordenança Penal de data 10 d'abril de 2021 es condemna a Araujo com autor responsable d'uns delictes menors de maltractaments en l'àmbit domèstic, amenaces, resistència als agents de l'autoritat i crebantament de pena de prohibició d'entrar en contacte amb la víctima, previstos i penats als articles 114.1, 141 i 397 del Codi Penal, a la pena única de 3 mesos de presó; dels quals 1 mes ferm a complir en règim de semillibertat per treballar i per seguir el programa per a la promoció de relacions no violentes de Govern, i la resta condicionals qualificat… »
Sur le plan de la technique juridictionnelle propre à Principauté d'Andorre, la Cour met en œuvre un contrôle de légalité ordinaire (TSJA) et garantie du droit fondamental à une juridiction et à une décision motivée en droit au titre de l’article 10 de la Constitució del Principat d’Andorra (recurs d’empara), refusant toute motivation par voie d'affirmation générale qui priverait la décision de base légale vérifiable.
III. Généalogie jurisprudentielle et cohérence systémique (Valeur de la décision)
A. Dispositif et positionnement dans la lignée jurisprudentielle
Au terme de sa démonstration, la juridiction prononce son dispositif dans les termes suivants :
« Així, per aquesta nostra resolució, definitivament jutjant, ho manem i signem. »
Sur le plan généalogique, cet arrêt s'inscrit dans une dynamique de consolidation et de précision méthodologique de la jurisprudence de Tribunal Superior de Justícia d’Andorra en Principauté d'Andorre. Sans opérer de rupture brutale avec les solutions antérieures, il affine les critères d'appréciation et délimite strictement la frontière entre l'appréciation souveraine des éléments de preuve et le contrôle normatif.
IV. Portée opérationnelle et Playbook Praticien (En demande · En défense · Contrats)
A. Stratégie contentieuse : écritures en demande et en défense
- En demande (structuration du moyen) : articuler les conclusions en démontrant point par point chacun des critères exigés au visa de Codi de procediment penal (text refós) (art. 224) ; produire les pièces matérielles datées et éviter toute allégation générale non corroborée ;
- En défense (neutralisation et distinguishing) : opposer l'absence de caractérisation cumulative des conditions légales ou opérer une distinction factuelle (distinguishing) en démontrant que les circonstances de l'espèce diffèrent du cadre tranché le 19 décembre 2022 par Tribunal Superior de Justícia d’Andorra ;
- Ingénierie contractuelle et audit d'actes : mettre à jour l’épuisement préalable des voies de recours ordinaires devant la Batllia et le TSJA avant tout recours d’empara constitutionnel, ainsi que la conformité aux lois qualifiées publiées au BOPA (clauses de définition, répartition de la charge probatoire, notifications formelles) soumis au droit de Principauté d'Andorre.
B. Les « silences de la Cour » et points de vigilance procédurale
L'arrêt laisse volontairement en réserve les hypothèses marginales non soumises au débat contradictoire par les parties (principe dispositif). Les praticiens veilleront à sécuriser les délais de prescription et de forclusion applicables ainsi que l'articulation éventuelle avec les standards européens (CEDH / CJUE) dans les litiges transfrontaliers.