Cour d'Appel de Monaco, 29 septembre 2015, n° 14094
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 29 septembre 2015, n° 14094 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Une société à responsabilité limitée à associé unique, agence spécialisée dans la location d'immobilier de prestige, a conclu le 8 juillet 2011 un contrat de location saisonnière meublée portant sur une villa sise à Ramatuelle. Elle y intervenait en qualité de mandataire de l'usufruitier du bien, en vertu d'un mandat d'administration signé la veille, le 7 juillet 2011. Le preneur, de nationalité irlandaise, s'était engagé à verser un loyer total de 65.000 euros pour la période du 16 au 30 juillet 2011. Le contrat stipulait que tous les paiements du preneur seraient versés à la société, représentant du propriétaire (article 2.2).
Le loyer étant demeuré impayé malgré deux mises en demeure du 9 novembre 2012 et une relance du 19 juillet 2013, la société a assigné le locataire devant le Tribunal de première instance de Monaco. Elle sollicitait sa condamnation au paiement de 65.000 euros avec intérêts de retard, ainsi que 2.000 euros de dommages-intérêts pour résistance abusive.
Par jugement du 12 juin 2014, le tribunal s'est déclaré compétent, mais a déclaré la société irrecevable en ses demandes, au motif qu'elle n'agissait ni en qualité de mandataire d'un propriétaire ni comme titulaire d'un droit réel démembré, et qu'elle ne justifiait pas d'un intérêt personnel. Le tribunal a également écarté les demandes reconventionnelles du locataire.
La société a relevé appel le 15 octobre 2014, sollicitant la réformation du jugement, sa condamnation du locataire à 65.000 euros et 5.000 euros de dommages-intérêts pour résistance abusive. Elle soutenait avoir payé le propriétaire sur ses fonds propres, d'un virement de 50.000 euros, et s'être trouvée subrogée dans les droits de celui-ci en vertu de l'article 1106 du Code civil. L'intimé concluait à la confirmation de l'irrecevabilité et réclamait 5.000 euros pour appel abusif.
Question de droit
La Cour devait résoudre deux questions successives.
La première porte sur la recevabilité de l'action : une société mandataire chargée de l'administration d'un bien loué, qui a préfinancé le paiement du loyer au propriétaire, peut-elle agir en paiement contre le locataire défa