Cour d'Appel de Monaco, 10 mai 2016, n° 14904
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 10 mai 2016, n° 14904 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Le litige oppose un copropriétaire, M. d. DE., à le Syndicat des Copropriétaires de l'immeuble A, situé à Monaco et soumis au statut de la copropriété. M. d. DE. est propriétaire, au cinquième niveau de l'immeuble, de plusieurs chambres de bonne, dont la chambre n° 8. Celle-ci jouxte une colonne d'air, ou vide sanitaire, séparant deux blocs de l'immeuble. Au droit des chambres de bonne se trouvent des parties communes situées sous la toiture, dites « chemin de ronde ».
Lors de l'assemblée générale du 10 novembre 2010, la résolution n° 17 a autorisé M. d. DE. à « réaliser les piquages sur les colonnes d'évacuation, conformément aux règles d'urbanisme en vigueur ». Une assemblée du 6 décembre 2011 a voté la « suppression des deux canalisations privatives raccordées sur les colonnes verticales d'évacuation de l'immeuble ». Cette délibération n'a fait l'objet d'aucune contestation.
Saisi par le syndicat, le Tribunal de Première Instance a, par jugement du 7 mai 2015, ordonné la démolition d'un placard empiétant sur les combles et la suppression du raccordement de deux canalisations privatives sur les colonnes d'évacuation, sous astreinte. Il a rejeté le surplus des demandes et la demande reconventionnelle de M. d. DE. M. d. DE. a relevé appel parte in qua, limité à la suppression des canalisations. Il a sollicité, à titre subsidiaire, une mesure d'expertise, et des dommages-intérêts. Le syndicat a conclu à l'irrecevabilité de la demande d'expertise comme demande nouvelle, à la confirmation du jugement et à des dommages-intérêts pour appel abusif.
Question de droit
Trois questions étaient soumises à la Cour :
- La demande d'expertise, formée pour la première fois en appel, est-elle recevable au regard de l'interdiction des demandes nouvelles ?
- Une assemblée générale peut-elle, en l'absence de contestation de la délibération ayant fait force exécutoire, être contestée par le copropriétaire qui a bénéficié de l'autorisation initiale ?
- Une assemblée générale peut-elle rétracter une délibération antérieure autorisant des travaux sur parties communes, et à quelles conditions ?
Solution et dispositif
La Cour déclare recevable la demande d'expertise, mais la rejette sur le fond. Elle juge que l'assemblée générale du 6 décembre 2011 a force exécutoire, faute d'annulation. Elle admet, en tout état de cause, la faculté de rétractation d'une délibération antérieure par une assemblée ultérieure, dès lors que les conditions cumulatives sont réunies, et confirme la suppression des raccordements. Elle rejette les demandes de dommages-intérêts formées par les deux parties.
Le dispositif retenu est le suivant :
« Reçoit l'appel formé à l'encontre du jugement rendu le 7 mai 2015 par le Tribunal de Première Instance, Déclare recevable la demande d'expertise formée par d. DE., Déclare recevable le Syndicat des Copropriétaires de l'immeuble A en ses demandes, Confirme le jugement entrepris en ses dispositions appelées, Déboute d. DE. de sa demande d'expertise