Cour d'Appel de Monaco, 26 mai 2020, n° 18961
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 26 mai 2020, n° 18961 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Engagée en qualité de standardiste tournante jour/nuit par la Société anonyme monégasque A. (ci-après « A. »), h. H. avait d'abord été liée par des contrats à durée déterminée successifs jusqu'au 2 mars 1999, puis par un contrat à durée indéterminée. Par courrier du 21 octobre 2015, l'employeur l'a licenciée pour motif économique, à la suite de la suppression, le 1er septembre 2015, du standard téléphonique au profit d'un « Call Center ». Selon la décision, l'activité de standard avait pris fin à effet du 31 août 2015.
Saisi de demandes en paiement de congés payés sur gratification, de rappel de salaire, d'indemnité de congédiement, d'un reliquat de ce chef et de dommages-intérêts, le Tribunal du travail a, par jugement du 7 février 2019, déclaré irrecevable la demande relative aux congés payés sur gratification, dit que le licenciement n'était pas fondé sur un motif valable mais n'était pas abusif, et alloué à la salariée une indemnité de licenciement de 3.702,25 euros, déduction faite de l'indemnité de congédiement. Il a rejeté le surplus des demandes.
La salariée a relevé appel le 21 mars 2019. Elle sollicitait, à titre principal, un rappel de salaire au titre de l'excédent de masse pour les mois de septembre à décembre 2015 (soit 26.392,74 euros au total), un complément d'indemnité de congédiement et une indemnité de licenciement, et, à titre subsidiaire, des dommages-intérêts de 100.000 euros pour licenciement abusif et mauvaises conditions de travail. L'employeur a formé appel incident et demandé la confirmation du jugement sur le caractère non abusif du licenciement et sur le rejet du rappel de salaire, tout en contestant le bien-fondé du motif économique.
La Cour a statué à l'audience du 18 février 2020 et rendu son arrêt le 26 mai 2020.
Question de droit
La décision soulève trois questions :
- La rémunération due pendant un préavis dont le salarié est dispensé. Le salarié dispensé d'exécuter son préavis par l'employeur peut-il prétendre à la part variable de sa rémunération, en l'espèce la répartition de l'excédent de masse, et, dans l'