Cour de Révision de Monaco, 30 mars 2011, n° 5696
Décision commentée : Cour de Révision de Monaco, 30 mars 2011, n° 5696 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Les faits sont relatifs à une société civile immobilière, la SCI Deysa, dont le capital était détenu par M. D. B. et son père, M. S. B. Par actes sous seing privé du 29 mars 2004, M. D. B. a cédé les 50 parts qui lui appartenaient à Mme D., épouse D., en s'engageant à supporter « tout passif qui pourrait être demandé à la SCI Deysa antérieur à la cession des parts ». Le même jour, M. S. B. a cédé ses propres parts avec la même garantie de passif. Le nombre total de parts composant le capital de la société n'est pas précisé dans la décision.
La révélation d'un passif social a conduit la cessionnaire à demander le paiement, in solidum, à M. D. B. et à M. S. B. Le tribunal a accueilli cette demande. M. D. B. a relevé appel, et la Cour d'appel a rendu, le 16 mars 2010, un arrêt « partiellement confirmatif » le condamnant au paiement de diverses sommes. Cet arrêt a été signifié le 10 mai 2010. M. D. B. s'est pourvu en révision par déclaration du 9 juin 2010, puis a déposé une requête le 6 juillet 2010. La défenderesse a produit une contre-requête le 28 juillet 2010. Le ministère public a conclu le 9 septembre 2010. L'affaire a été examinée à l'audience du 23 mars 2011, sur le rapport du conseiller Charles Badi.
Le pourvoi soulevait deux moyens. Le premier contestait le rejet de la demande de nullité des cessions de parts du 29 mars 2004. Le second critiquait la condamnation de chacun des cédants au paiement de la totalité du passif social.
Question de droit
La Cour de révision était saisie de deux questions distinctes.
La première portait sur la validité des cessions de parts. Il s'agissait de savoir si la cession de parts par un associé, réalisée en même temps que la cession des parts de l'autre associé et dans l'engagement de se retirer de la société, était affectée d'une nullité tenant, d'une part, à l'exigence statutaire d'un consentement unanime des associés (article 11 des statuts) et, d'autre part, à l'absence d'enregistrement dans le délai d'un mois prévu par l'article 3 de la loi n°