Tribunal de Première Instance de Monaco, 03 avril 2014, n° 12010
Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 03 avril 2014, n° 12010 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Z. EL BA., veuve BAR., est décédée le 7 juillet 2010 à Vevey (Suisse), sans descendants. Un testament olographe daté du 17 mars 1999 a été présenté au Président du Tribunal de Première Instance le 24 septembre 2010, par l'intermédiaire d'une étude notariale monégasque. Ce testament instituait l'association de droit monégasque E légataire universelle.
Le frère de la défunte, M. M. EL BA., a assigné l'association le 30 mai 2012 sur le fondement de l'article 836 du Code civil. À titre principal, il demandait la nullité du testament et sa qualité d'héritier unique. À titre subsidiaire, il sollicitait une expertise en écriture ainsi que la communication de relevés téléphoniques, y compris par commission rogatoire internationale. Il soutenait que le testament était un faux. Il invoquait notamment un rapport d'expertise amiable établi par une graphologue le 22 septembre 2010, la connaissance insuffisante du français par la défunte, la mention dans l'acte de personnes n'ayant contracté mariage qu'en 2010, l'absence alléguée de la défunte de Monaco à la date supposée, et l'incohérence d'une volonté de déshériter une famille très proche.
Deux jugements avant-dire-droit ont précédé la décision. Le jugement du 28 février 2013 a ordonné la réouverture des débats sur le droit égyptien relatif à la caution judicatum solvi et sur les conséquences de l'adhésion de l'Égypte à la convention de La Haye du 1er mars 1954. Le jugement du 24 septembre 2013 a rejeté cette exception et renvoyé l'affaire au fond.
L'association défenderesse a conclu à l'irrecevabilité du moyen de faux, à titre subsidiaire à l'absence de valeur probante du rapport d'expertise, et à titre plus subsidiaire à