Tribunal de Première Instance de Monaco, 21 avril 2016, n° 14854
Décision commentée : Tribunal de Première Instance de Monaco, 21 avril 2016, n° 14854 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Par acte authentique du 27 février 2008, M. o. SH., de nationalité russe, a acquis un duplex à Monaco au moyen d'un prêt de 7 200 000 € consenti par la SAM C., à échéance du 27 avril 2013 « sauf renouvellement ». Par acte authentique du 25 mars 2010, la SAM C., devenue B., a endossé ce prêt au profit de la SAM A., qui est devenue créancière hypothécaire de premier rang. Le même jour, la SAM A. a consenti à M. SH. une ouverture de crédit de 1 400 000 €. Les deux actes du 25 mars 2010 fixent l'échéance au 15 avril 2015, « sauf renouvellement après accord des parties ».
Le 15 octobre 2015, la SAM A. a fait signifier à M. SH. un commandement de saisie immobilière portant sur l'appartement, pour une somme de 9 281 349,33 €, en se fondant sur les trois actes authentiques. Par assignation du 15 janvier 2016, le débiteur a demandé l'annulation du titre exécutoire du 25 mars 2010 et du commandement, et, à titre subsidiaire, l'octroi de délais de paiement supplémentaires.
Le tribunal de première instance, statuant contradictoirement et en premier ressort, a rejeté l'ensemble des prétentions du débiteur, rejeté la demande reconventionnelle de dommages et intérêts et ordonné l'exécution provisoire.
Question de droit
Le jugement soulevait quatre questions distinctes.
- Le vice de consentement. Un acte authentique de prêt non traduit, souscrit par un emprunteur ne parlant pas le français, peut-il être annulé pour erreur sur la durée du prêt, au sens des articles 964 et 965 du Code civil ?
- Le caractère incomplet du titre. L'absence, sur la copie annexée au commandement, de l'endos et de la signature de l'endosseur, ainsi que de la signature du pouvoir, affecte-t-elle la validité du titre au regard de l'article 578 du Code de procédure civile et de l'article 82 du Code de commerce ?
- La régularité de la signification. Le commandement signifié par un clerc assermenté, sans visa de l'huissier sur la mention de l'original, est-il nul au regard de l'article 147-1 de la loi n° 783 du 15 juillet 1965 ?
- Les délais de grâce. L'article 241 du Code de procédure civile, qui permet au juge d'accorder des délais pour l'exécution de ses jugements, peut-il être étendu à l'exécution forcée d'un acte authentique ?
Solution et dispositif
Sur le premier point, le tribunal admet que l'acte n'a pas été traduit, alors que le débiteur ne parle pas le français. Il relève que le notaire doit vérifier la compréhension des par