Juridiction monégasque (tribunal-travail), 30 juin 2005, n° 12497
Décision commentée : Juridiction monégasque (tribunal-travail), 30 juin 2005, n° 12497 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Une salariée, embauchée le 25 octobre 1996 en qualité de chargée de mission au sein du département des finances, occupait en dernier lieu les fonctions d'assistante contrôle de gestion. Par lettre recommandée du 23 mars 1999, présentée à son domicile le 24 mars, l'employeur, la SAM Laboratoire Theramex, la licencie et la dispense d'exécuter son préavis de trois mois. La salariée demeure dans les locaux. Par lettre du 29 mars 1999, remise le 30, l'employeur confirme le licenciement pour insuffisance professionnelle, puis le réitère pour faute grave commise pendant le préavis, « avec toutes ses conséquences de droit », la rupture devenant effective au jour de première présentation de ce courrier.
La salariée saisit le Tribunal du travail d'une demande en paiement d'indemnités de préavis, de congés payés, de treizième mois et de licenciement, ainsi que de dommages et intérêts pour rupture abusive. L'instance est sursise par jugement du 13 avril 2000 dans l'attente du sort d'une plainte avec constitution de partie civile visant le directeur des ressources humaines. Une ordonnance de non-lieu est rendue le 10 décembre 2002, et l'instance est reprise.
Dans ses conclusions, l'employeur demande notamment le bâtonnement d'un passage des écritures adverses, invoquant l'autorité de la chose jugée au pénal. Il sollicite la reconnaissance d'un juste motif, la requalification du motif de licenciement en faute lourde ou à tout le moins grave, et des dommages et intérêts reconventionnels.
Question de droit
Le tribunal est saisi de plusieurs questions :
- Le motif tiré de l'insuffisance professionnelle est-il valable au regard des exigences de preuve applicables ?
- Un employeur qui a dispensé le salarié de préavis peut-il interrompre ce dernier et cesser de verser l'indemnité compensatrice lorsque le salarié commet, pendant cette période, une faute grave ? Quels comportements en constituent une ?
- La rupture présente-t-elle un caractère abusif, notamment en l'absence d'énoncé des motifs à la notification ?
- Le point de départ du délai congé est-il fixé à la date de présentation de la lettre recommandée ?
Solution et dispositif
Sur le bâtonnement. Le tribunal r