Cour d'Appel de Monaco, 09 novembre 2021, n° 20123
Décision commentée : Cour d'Appel de Monaco, 09 novembre 2021, n° 20123 (Lire sur source officielle)
Faits et procédure
Une salariée, engagée en 2004 comme secrétaire d'accueil puis nommée en 2008 assistante de direction, compte treize ans d'ancienneté dans la société anonyme monégasque TOP NETT. Par courriel du 2 mai 2017, reçu à son retour de congé, le directeur général la convoque à un entretien le jour même, à 11 h 30, pour « aborder [...] l'avenir de nos relations contractuelles ». L'objet exact de la rencontre n'est pas explicité dans le courriel. À l'issue de l'entretien, la salariée reçoit une convocation à un second entretien fixé au 9 mai 2017 et est dispensée d'exécuter son contrat et de se présenter dans les locaux, sans incidence sur sa rémunération.
Le 9 mai 2017, la salariée est licenciée sur le fondement de l'article 6 de la loi n° 729 du 16 mars 1963. La décision mentionne à une occurrence la « loi n° 749 » ; les autres références visent la loi n° 729, qui est seule retenue dans le présent commentaire.
Saisi le 28 mars 2018, le Tribunal du travail, par jugement du 17 septembre 2020, déclare le licenciement abusif et condamne l'employeur à 78 000 euros de dommages-intérêts, au titre du préjudice moral causé par la rupture abusive et par un harcèlement moral. L'employeur interjette appel. La salariée forme appel incident et sollicite 25 000 euros complémentaires, la rupture ayant selon elle été irrégulière (arrêt de travail antérieur à la notification), la mise au placard établie et certains droits méconnus.
La cour d'appel statue par arrêt du 9 novembre 2021. Elle écarte la pièce n° 51 produite par l'employeur, confirme le jugement en toutes ses dispositions et condamne la société aux dépens.
Question de droit
La décision soulève trois questions :
- Le licenciement fondé sur l'article 6 de la loi n° 729 peut-il être qualifié d'abusif lorsque la rupture a été mise en œuvre de manière brutale et vexatoire ?
- Un employeur peut-il engager sa responsabilité pour des comportements de harcèlement moral antérieurs à la reconnaissance légale de cette notion, et dans quelles conditions ?
- Un arrêt de travail adressé à l'employeur avant la notification du licenciement est-il de nature à rendre la rupture irrégulière ?
S'y ajoute une question prob