Testament - Testament olographe - Insanité d'esprit du testateur (non) - Nullité du testament (non)
La nièce du défunt, et ses filles, contestent la validité du rapport d'expertise judiciaire rédigé par le professeur de médecine désigné par le tribunal de première instance afin de dire s'il souffrait d'une maladie influant sur son état mental et, dans l'affirmative, d'en indiquer les conséquences sur ses capacités cognitives lors de la rédaction du testament olographe instituant son neveu en qualité de légataire universel, à charge pour lui de délivrer différents legs particuliers. L'expert judiciaire a entendu le neveu par alliance du défunt, époux de l'une des requérantes et probable médecin traitant du défunt. Rien ne permet cependant d'établir que son avis aurait influencé l'expert judiciaire. Par ailleurs, ce dernier a pris connaissance de l'ensemble de la documentation qui lui a été remise. Il a justifié l'avis médical donné et a répondu à sa mission de la manière la plus objective possible. Il a annexé à son rapport d'expertise l'intégralité du dossier médical, de sorte que les parties pouvaient vérifier l'exactitude des pièces médicales qu'il avait examinées et en débattre contradictoirement devant le tribunal, même postérieurement au dépôt du rapport d'expertise. Le tribunal rejette en conséquence la demande d'annulation du rapport d'expertise.
Si le défunt était atteint d'une maladie de Parkinson évoluant depuis 1991, aucun élément ne permet d'établir son insanité d'esprit lors de la rédaction du testament litigieux en février 2005. L'écriture est certes tremblante mais l'acte est écrit en entier, daté et signé de la main du défunt. Il comporte des volontés testamentaires claires, précises et cohérentes. Les requérants invoquent son insanité d'esprit à l'époque de l'acte critiqué mais ils ne contestent pas qu'il gérait lui-même ses affaires et qu'ils n'ont effectué aucune démarche pour mettre en œuvre une mesure de protection judiciaire. En outre, aucun signe d'involution cérébrale n'a été retrouvé dans son dossier médical avant le mois de juin 2005. Enfin, le défunt ne pouvait pas être influencé par les bénéficiaires de ce testament dès lors qu'ils résidaient à l'étranger et n'étaient pas présents lors de sa signature. Le tribunal rejette ainsi la demande tendant à voir prononcer la nullité du testament olographe litigieux.
TRIBUNAL DE PREMIÈRE INSTANCE
JUGEMENT DU 15 MAI 2014
En la cause de :
Madame a. VU., née le 8 juillet 1947, de nationalité Suisse, demeurant X - CH 6877 COLDRERIO (Suisse),
Mademoiselle d. VU., née le 2 mars 1974, de nationalité Suisse, demeurant X - CH 4052 BASEL (Suisse),
Mademoiselle I. VU., né le 9 mai 1976, de nationalité Suisse, demeurant X - CH 6877 COLDRERIO (Suisse),
Mademoiselle c. VU., née le 18 novembre 1977, de nationalité Suisse, demeurant X - CH 6877 COLDRERIO (Suisse),
DEMANDERESSES, ayant élu domicile en l'étude de Maître Frank MICHEL, avocat-défenseur près la Cour d'appel de Monaco et plaidant par ledit avocat-défenseur,
d'une part ;
Contre :
Monsieur m. CE., de nationalité Australienne, demeurant X - NSW 2060 - AUSTRALIE,
Madame g. MI., demeurant Rue X - CROATIE,
Madame a. GA., demeurant X NSW 2073 - AUSTRALIE,
Madame s. VY., demeurant X - NSW - AUSTRALIE,
DÉFENDEURS, ayant élu domicile en l'étude de Maître Patricia REY, avocat-défenseur près la Cour d'appel de Monaco et plaidant par Maître Nicolas SORENSEN, avocat au barreau d'Aix-en-Provence,
EN PRÉSENCE DE :
M. LE PROCUREUR GÉNÉRAL près la Cour d'Appel de la Principauté de Monaco, séant en son parquet Général, Palais de Justice, rue Colonel Bellando de Castro audit Monaco,
DÉFENDEUR, COMPARAISSANT EN PERSONNE,
d'autre part ;
LE TRIBUNAL,