Faillites - Procédure collective - Cessation des paiements (oui)
En application de l'article 553 du Code de commerce, le demandeur qui a fait assigner la société dissoute dans l'année de sa radiation est toujours recevable à voir constater sa cessation des paiements.
Il ressort des pièces de la procédure que la société défenderesse est débitrice de sommes importantes conformément aux sentences arbitrales définitives ayant reçu force exécutoire. S'agissant d'une dissolution anticipée avec liquidateur amiable, et à défaut d'ouverture d'une procédure collective jusqu'à ce jour, il n'existait pas pour la société demanderesse d'obligation de déclarer sa créance dans un quelconque délai légal. Ce passif important est très largement supérieur au boni de liquidation. Au vu de ces éléments, il apparaît que la société défenderesse n'est pas en mesure de faire face avec son actif disponible à l'ensemble de son passif exigible. En conséquence, il y a lieu de constater la cessation des paiements conformément aux dispositions de l'article 408 du Code de commerce et de fixer provisoirement la date de cette cessation des paiements à la date de l'exequatur des sentences arbitrales.
TRIBUNAL DE PREMIÈRE INSTANCE
N° 2015/000207 (assignation du 21 novembre 2014)
JUGEMENT DU 25 FÉVRIER 2016
En la cause de :
La société A., société de droit panaméen, dont le siège est sis X1, Panama, République du Panama, agissant poursuite et diligences de son Président en exercice, domicilié en cette qualité audit siège ;
DEMANDERESSE, ayant élu domicile en l'étude de Maître Arnaud ZABALDANO, avocat-défenseur près la Cour d'appel de Monaco et plaidant par ledit avocat-défenseur ;
d'une part ;
Contre :
La SAM B, société en liquidation, enregistrée au RCI sous le n°X, dont le siège social était sis X2, représentée par M. André GARINO, ès-qualités d'administrateur ad hoc, commis pour occuper ces fonctions suivant ordonnance rendue par Mme le Président du Tribunal de Première Instance en date du 23 octobre 2014, domicilié en cette qualité X, 98000 Monaco ;
DÉFENDERESSE, comparaissant en personne par M. André GARINO, ès-qualités d'administrateur ad hoc, présent lors de l'audience du 28 juillet 2015 ;
Mme g. ER., née le 13 novembre 1957 à Gênes (Italie), de nationalité italienne, demeurant X3, 98000 Monaco, ès-qualités de liquidateur de la SAM B ;
INTERVENANTE VOLONTAIRE, ayant élu domicile en l'étude de Maître Joëlle PASTOR-BENSA, avocat-défenseur près la Cour d'appel de Monaco et plaidant par Maître Valérie BOTHY, avocat au barreau de Marseille ;
d'autre part ;
LE TRIBUNAL,